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Greffes : découverte d’un biomarqueur prédictif du risque de rejet de greffe

Greffes : découverte d’un biomarqueur prédictif du risque de rejet de greffe
  • Les traitements immunosuppresseurs, s’ils sont très efficaces contre les phénomènes de rejets de greffe, restent pourvoyeurs de nombreux effets secondaires.
  • Laurence Ordonez a réussi à isoler des cellules dont la fréquence dans l’organisme reflète le risque de faire un rejet pour le patient transplanté.
  • Cette découverte pourrait permettre de mieux adapter les traitements immunosuppresseurs existants afin de réduire au maximum leurs effets néfastes, et constitue une nouvelle voie dans la mise au point de traitements innovants.

Cette découverte a été réalisée par Laurence Ordonez, dans l’équipe "Maladies inflammatoires du système nerveux : mécanismes et traitements" sous la direction du Dr Abdelhadi Saoudi au sein du Centre de Physiopathologie au CHU Purpan de Toulouse.

Rejet de greffe et réaction du greffon contre l’hôte

La transplantation d’organe constitue le dernier recours pour de nombreuses pathologies arrivées à un stade terminal : insuffisance cardiaque ou rénale avancée, mucoviscidose, bronchopneumopathie obstructive ou encore cirrhose hépatique. Cependant, malgré un recul de près d’un demi-siècle, la greffe comporte aujourd’hui encore des limites. Parmi elles figure le phénomène de rejet de greffe ou de réaction du greffon contre l’hôte dans le cadre de greffe de moelle osseuse. Dans le premier cas, le système immunitaire reconnaît l’organe greffé, le « greffon », comme étranger et l’attaque. Dans le deuxième cas, ce sont les cellules du greffon lui-même qui prennent l’organisme pour cible. Ces deux phénomènes, s’ils ne sont pas pris en charge, peuvent conduire à l’échec de la transplantation voire au décès du patient.

Pouvoir prédire le risque de rejet

Pour empêcher l’apparition de ces mécanismes, des traitements dits « immunosuppresseurs » existent. Seulement, ils ne sont pas toujours efficaces et sont pourvoyeurs de lourds effets secondaires (recrudescence des infections, augmentation du risque de développer certains cancers…).

Toutes les personnes greffées reçoivent des traitements immunosuppresseurs sans évaluation préalable du risque de rejet, ce qui les expose parfois à des effets secondaires inutiles. L’idée serait de découvrir un biomarqueur qui permettrait de prédire le risque de rejet de greffe pour un patient, afin d’ajuster les traitements en conséquence. C’est ce qu’est parvenue à réaliser Laurence Ordonez au cours de sa dernière année de thèse dans l’équipe sous la direction du Dr Abdelhadi Saoudi au sein du centre de physiopathologie au CHU Purpan de Toulouse.

Une population spécifique du système immunitaire

Dans un premier temps, à l’aide d’études menées sur des modèles animaux, l’équipe a identifié, d’une part, les cellules impliquées dans le rejet, et d’autre part, des cellules chargées de réguler leur activité. Laurence Ordonez a ensuite montré que ces populations cellulaires existaient chez l’Homme, grâce à l’analyse d’échantillons sanguins issus de 89 patients en passe de subir une transplantation rénale.

Elle a ainsi isolé une sous-population de globules blancs, les lymphocytes T « CD8 CD45RChigh », dont la proportion est très variable d’un individu à l’autre, et ce indépendamment de l’âge. Elle a montré que, lorsque ces cellules sont présentes en forte quantité dans l’organisme du patient avant la greffe, ce dernier a alors 6 fois plus de risque de rejeter le greffon.

Cet outil de prédiction pourrait s’avérer très utile afin d’adapter les modalités de traitements immunosuppresseurs après une greffe. Ces cellules pourraient également s’avérer des cibles thérapeutiques intéressantes pour améliorer l’efficacité de la transplantation d’organes.


Source : Ordonnez L et al. A higher risk of acute rejection of human kidney allografts can be predicted from the level of CD45RC expressed by the recipients’ CD78 T cells. PLoS One 2013 ; 8 : e69791.

Date de publication : 01/05/2014

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