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Etats dépressifs : différencier la dépression des troubles bipolaires ou maladie maniaco-dépressive

Etats dépressifs : différencier la dépression des troubles bipolaires ou maladie maniaco-dépressive
  • Les troubles dépressifs sont hétérogènes, les plus répandus étant les troubles unipolaires et les troubles bipolaires.
  • Parce que leur prise en charge est différente, il est primordial de pouvoir établir dans quel type de pathologie s’inscrit la phase dépressive du patient qui consulte.
  • Les chercheurs veulent identifier des biomarqueurs pour diagnostiquer au plus tôt ces troubles et permettre aux patients de recevoir rapidement une thérapie appropriée.

Cette recherche est menée par Emeline Marlinge au sein de l’équipe « Psychiatrie et génétique » de l’institut Mondor pour la recherche biomédicale (IMRB) à Créteil.

Troubles unipolaires et bipolaires : deux entités distinctes

On distingue deux entités différentes : les troubles unipolaires et bipolaires. Les premiers correspondent à ce que l’on pourrait plus communément appeler « dépression ». Ils sont à distinguer des troubles bipolaires, anciennement appelés « maladie maniaco-dépressive ». Cette affection, qui concerne environ 3 % de la population, se caractérise par une alternance de phases dépressives et de phases d’exaltation avec hyperactivité. Entre temps, les patients ne présentent aucun symptôme, ce qui explique les retards diagnostiques fréquents dans cette pathologie.

Les deux entités ont des évolutions distinctes, les personnes bipolaires étant plus à risque de rechute, de tentatives de suicides, de consommation d’alcool et d’autres substances ainsi que de désinsertion socio-professionnelle. Le traitement de ces troubles est différent : la bipolarité requiert des stabilisateurs de l’humeur (lithium etc…) tandis que le trouble unipolaire se soigne d’abord avec des antidépresseurs.

L’imagerie pour distinguer plus tôt ces deux troubles

L’épisode inaugural d’un trouble de l’humeur est un épisode dépressif majeur dans la plupart des cas. Peu de caractéristiques cliniques permettent initialement de déterminer s’il s’inscrit dans un trouble uni ou bipolaire. Ces deux pathologies ayant une prise en charge thérapeutique et une évolution bien différentes, il est essentiel d’identifier des biomarqueurs pour les différencier.

Emeline Marlinge au sein de l’équipe 15 « Psychiatrie et génétique » de l’unité Inserm U955 à l’institut Mondor pour la recherche biomédicale (IMRB) à Créteil développe une méthode pour dépister précocement ces entités après un épisode dépressif majeur. Les chercheurs s’intéressent ainsi à une nouvelle technique d’imagerie : l’IRM par tenseur de diffusion. Cette technologie permet d’observer la connectivité des différents réseaux cérébraux.

De précédentes recherches ont montré que les patients unipolaires présentaient un surcroit de connexions neuronales entre le cortex préfrontal dorso-médial, une zone impliquée dans les fonctions cognitives complexes, et trois réseaux cérébraux : le default mode network (DMN), désactivé lors de la réalisation de tâches, le cognitive control network (CNN), impliqué dans les mécanismes d’attention et l’affective network (AN) activé lors d’émotions. Cette « hyperconnectivité » n’est pas retrouvée chez les patients bipolaires, ce qui en ferait un élément de choix pour distinguer troubles unipolaires et troubles bipolaires.

Vers un traitement précoce de chaque entité

Les chercheurs vont ainsi étudier, chez des patients unipolaires et bipolaires (41 de chaque groupe) qui présentent un épisode dépressif majeur, ces différences de connectivité en utilisant l’IRM par tenseur de diffusion. C’est la première fois qu’une telle étude est entreprise pour caractériser les deux troubles de l’humeur. Cette approche a déjà fait ses preuves : en effet, Emeline Marlinge a déjà pu mettre en évidence dans une étude précédente des profils de neuroimagerie spécifiques chez des patients atteints de schizophrénie en comparaison avec des patients bipolaires.

Ce travail innovant permettra à terme d’identifier de futurs biomarqueurs des troubles de l’humeur afin d’améliorer le diagnostic et la prise en charge des patients. Il pourrait également aider au développement de nouveaux traitements adaptés à chaque entité (troubles unipolaires et bipolaires).

Date de publication : 04/11/2013

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31200 €

Le projet d’Emeline Marlinge a été sélectionné en 2012 par le conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale.
Elle a reçu 31 200 euros sur 1 an dans le cadre de son Master 2.

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