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Dépression : des nouveautés sur la stimulation cérébrale profonde

Dépression : des nouveautés sur la stimulation cérébrale profonde
  • La dépression « résistante » est une forme de dépression qui ne peut être prise en charge par les traitements actuels.
  • Des résultats prometteurs ont été obtenus sur cette forme de dépression en utilisant la stimulation cérébrale profonde, une technique visant à stimuler électriquement certaines zones du cerveau.
  • Récemment, les chercheurs ont amélioré leur compréhension des effets de la stimulation cérébrale profonde sur l’activité neuronale des personnes dépressives : un préalable essentiel pour affiner son utilisation.

astrid-kibleur.jpgCette avancée a été réalisée par Astrid Kibleur en thèse dans l’équipe « Fonctions Cérébrales et Neuromodulation » dirigée par Olivier David à l’Institut des Neurosciences de Grenoble.

 

La dépression et ses formes résistantes

La dépression est une maladie psychiatrique très fréquente qui toucherait 20 % de la population dans l’hexagone selon l’Inserm. Elle se définit par des troubles de l’humeur qui engendrent des souffrances psychiques, une grande perte de motivation et ont de forts retentissements dans la vie quotidienne, et ce durant plusieurs années. Autre impact de la pathologie : l’augmentation du risque de suicide pour le malade, qui, selon l’Académie de médecine, serait multiplié par 21. Des traitements existent pour prendre en charge la dépression, mêlant thérapies médicamenteuses et psychothérapie. Néanmoins, dans certains cas, ces mesures sont insuffisantes. On parle de « dépression résistante » lorsque la dépression perdure malgré l’instauration deux traitements antidépresseurs bien suivis par le patient. De nouvelles thérapies sont donc en cours de développement pour prendre en charge ces patients.

La stimulation cérébrale profonde comme traitement

L’une des voies explorées par les équipes de recherche est la stimulation cérébrale profonde. L’idée est d’envoyer des stimulations électriques dans des zones précises du cerveau en vue de réguler spécifiquement l’activité de certains neurones. Concrètement, des électrodes sont implantées dans des régions particulières du cerveau. Elles sont reliées à un stimulateur, sorte de pile localisée sous la clavicule, qui envoie une impulsion électrique régulière.

Aujourd’hui, il est établi que la stimulation cérébrale dans la zone « CG25 », une zone cérébrale située dans le gyrus cingulaire, a des effets bénéfiques chez les patients atteints de dépression majeure. Cependant, les régulations neuronales exercées par la stimulation cérébrale dans cette région restent méconnues, notamment au niveau du traitement des informations émotionnelles par le cerveau. Astrid Kibleur, lors de sa thèse au sein de l’équipe dirigée par Olivier David à l’Institut des neurosciences de Grenoble, s’est intéressée à ce point et a obtenu des résultats intéressants.

Des études par électroencéphalogramme

Afin d’explorer cette question, les chercheurs ont étudié les effets de la stimulation cérébrale profonde au sein de la région cérébrale CG25 chez 5 patients atteints de dépression résistante. Leur protocole était basé sur l’observation de l’activité cérébrale des patients par électroencéphalographie, une technique qui met en évidence l’activité électrique à l’aide d’électrodes posées à la surface du cuir chevelu. Les patients étaient invités à regarder la photographie d’un visage exprimant une émotion. Leur activité cérébrale était enregistrée avec ou sans stimulation cérébrale profonde.

Au terme de cette expérience, il s’avère que l’effet de la stimulation cérébrale profonde de CG25 passerait par une réduction de l’activité neuronale dans le système limbique, le réseau de zones cérébrales impliqué dans le contrôle des émotions, qui agissentt notamment sur les aires du cerveau gérant le traitement des informations visuelles. Des données intéressantes pour optimiser et affiner les traitements de stimulation cérébrale profonde dans la dépression résistante.

Source : Kibleur A et al. Stimulation of subgenual cingulate area decreases limbic top-down effect on ventral visual stream: A DBS-EEG pilot study. Neuroimage 2017 ; 146 : 544-53.

Date de publication : 01/09/2017

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