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Compléments alimentaires : pas toujours utiles

Compléments alimentairesPetit coup de fatigue, quelques rondeurs, manque de soleil... La tentation de recourir aux compléments alimentaires est grande. Toutefois, meiux vaux privilégier une alimentation équilibrée. Car les compléments alimentaires ne se révèlent vraiment utiles que dans certaines situations.

Marina Carrère d'Encausse, médecin, journaliste et présentatrice du « Magazine de la santé » sur France 5 fait le point sur le sujet avec le Dr Mathilde Touvier, chargée de recherche à l'Inserm.

 

Marina Carrère d’Encausse : Que signifie le terme « compléments alimentaires » et qui en consomme ?


Mathilde Touvier : Les compléments alimentaires se situent entre l’aliment et le médicament. Ils sont définis par la directive européenne de 2002, comme « une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés (...) dont le but est de compléter le régime alimentaire normal » : vitamines, minéraux, etc. Une étude de 2016 indique qu’aux États-Unis, plus d’un adulte sur deux en consomme. En Europe, ces proportions sont moins élevées mais augmentent. Dans une étude épidémiologique que nous réalisons en ce moment en France (NutriNet-Santé), 40 % des personnes interrogées en consomment au moins de temps en temps. Les femmes sont plus consommatrices que les hommes. Quant aux motivations, il s’agit essentiellement de lutter contre la fatigue, de booster ses défenses immunitaires et de rester en bonne santé.

M. C. E. : Les compléments alimentaires sont-ils toujours efficaces ?


M. T. : Un apport supplémentaire à l’alimentation peut être bénéfique dans certaines situations physiologiques exigeantes sur le plan nutritionnel ou pathologiques particulières, notamment en ce qui concerne les vitamines et les minéraux. Par exemple, on conseille à certaines femmes qui souhaitent avoir un enfant de prendre de l’acide folique (vitamine B9) pour prévenir le risque d’anomalies du foetus. De même, on recommande à des personnes à risque d’ostéoporose, une supplémentation en calcium associé à de la vitamine D. Mais pour la majeure partie de la population, certains compléments alimentaires sont inutiles. Prenons l’exemple de la vitamine C : il faut savoir qu’une orange et un kiwi suffisent à combler l’apport journalier recommandé de vitamine C pour un adulte en bonne santé. Un des risques d’avoir recours aux compléments alimentaires est de penser que l’on peut avoir une hygiène de vie déséquilibrée, manger n’importe quoi, ne pas faire de sport, etc. et résoudre tous ces problèmes grâce à une pilule miracle. C’est faux. Par ailleurs, on ne connaît pas encore les effets à long terme des compléments alimentaires sur la santé.

M. C. E. : Les compléments alimentaires peuvent-ils donc s’avérer nocifs ?


M. T. : Il faut être vigilant sur plusieurs points. Tout d’abord, sur certains circuits de distribution comme Internet, il existe des produits qui ne respectent pas la réglementation en vigueur. En mai 2016, l’équipe du Pr Malet-Martino, à Toulouse, a ainsi montré que plus de la moitié des produits minceur sur ces circuits sont en situation de fraude. En cause : des doses trop fortes voire des substances interdites. Et même avec des produits qui respectent la réglementation, il existe des risques d’apport excessif, notamment en vitamines et minéraux. Ensuite, il peut y avoir, dans certains cas, des problèmes d’interaction avec certains médicaments. Par exemple, la levure de riz rouge avec des statines, ou encore de la vitamine E avec des anticoagulants. L’association peut ainsi diminuer ou augmenter l’effet du médicament. En associant vitamine E et anticoagulants, par exemple, on peut aboutir à une surdose médicamenteuse. Enfin, il y a des risques potentiels à long terme. C’est la plus forte inconnue concernant les compléments alimentaires et c’est précisément ce que nous étudions dans mon équipe, dans le cadre de la cohorte NutriNet-Santé, notamment. Il a déjà été montré qu’à forte dose, les compléments alimentaires riches en bêtacarotène augmentent le risque de cancer du poumon et de l’estomac chez les fumeurs. Par ailleurs, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) déconseille aux personnes atteintes d’un cancer hormonodépendant (sein, prostate) de consommer des phyto-oestrogènes.

M. C. E. : Alors ne faudrait-il pas s’en tenir au principe de précaution et suspendre la vente de ces produits ?


M. T. : C’est une vraie question de santé publique, en effet. A minima, on pourrait imaginer d’apposer des messages d’avertissement sur les emballages comme cela a été proposé – et refusé – au Royaume-Uni pour les compléments à base de bêta-carotène, par exemple. Autre piste possible : placer l’utilisation des compléments alimentaires sous contrôle médical. En tout état de cause, les positions officielles de l’Institut national du cancer (Inca) et du Programme national nutrition santé (PNSS) sont pour l’heure les suivantes : pour la population générale, la prudence est de mise et, bien entendu, il faut privilégier une alimentation équilibrée.

 

Source : Article extrait de Recherche & Santé n° 149 - 1er trimestre 2017

 

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    ________   DEFINITION   ________  


Nutriment :
substance directement assimilable qui n’a pas besoin d’être digérée.

Ostéoporose : maladie qui fragilise les os en altérant leur architecture.

Statine : substance utilisée dans le traitement de l’hypercholestérolémie.

Phyto-oestrogènes : oestrogènes (hormone sexuelle) d’origine végétale.

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