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Cancers du sein : le système immunitaire à l’assaut des cellules tumorales

Cancers du sein : le système immunitaire à l’assaut des cellules tumorales
  • Dans le cancer du sein, les cellules tumorales ont la capacité d’atténuer la réponse immunitaire, rendant l’organisme tolérant à leur développement et à leur propagation.
  • Ruzena Stranska s’intéresse aux mécanismes en jeu dans ce blocage, ainsi qu’aux manières de rétablir les fonctions initiales du système immunitaire.
  • Ses recherches pourraient déboucher sur de nouvelles cibles thérapeutiques dans la pathologie.

Cette recherche est menée par Ruzena Stranska  au sein de l’équipe « Virus et Cancer » de l’Institut Paoli-Calmettes (Inserm-UMR1068) à Marseille.

Une réaction immunitaire contre les cellules cancéreuses

Le système immunitaire permet à l’organisme de se protéger contre les corps étrangers, tels que les virus ou les bactéries. Mais ce n’est pas son seul rôle. En effet, le système immunitaire confère également une défense partielle contre les cellules tumorales. Les cellules dendritiques plasmacytoïdes, ou pDC, jouent un rôle essentiel dans cette immunité.

L’interféron : le régulateur du système immunitaire anti-tumoral

Les pDC activent le système immunitaire en produisant une molécule particulière : l’interféron. Cette protéine possède naturellement des propriétés antivirales et anticancéreuses, et sert d’activateur aux lymphocytes T, chargées de la destruction des cellules tumorales.

Afin d’être pleinement efficace et pour ne pas endommager les tissus sains, la production d’interféron par les pDC ne doit pas être trop forte. La modulation à la baisse de cette fabrication s’effectue via des récepteurs à la surface des pDC : lorsque la production d’interféron dans leur environnement est trop importante, ils induisent un blocage de sa fabrication.

Un mécanisme détourné par les cellules cancéreuses

Les chercheurs ont mis en évidence la capacité de certains pathogènes à détourner ce système. En se fixant rapidement sur ces récepteurs, ils bloquent la production d’interféron : cela empêche l’activation du système immunitaire et facilite l’infection.

« Nous avons ainsi pu démontrer que certains virus, comme celui de l’hépatite C, s’attachent sur les récepteurs régulateurs et neutralisent prématurément la production d’interféron par les pDC » explique Ruzena Stranska. Les virus détournent donc le mécanisme, ce qui leur permet de limiter la réaction immunitaire développée contre eux, et ainsi d’infecter plus facilement le corps.

« De façon similaire aux virus, les cellules cancéreuses peuvent dévier la fonction des pDC » poursuit la chercheuse. Dans le cancer du sein, des études ont mis en évidence une molécule à la surface des cellules tumorales, appelée BST2, qui a la capacité de neutraliser les pDC, et d’induire une diminution de l’immunité favorisant la prolifération tumorale.

« Nous proposons d’explorer les moyens de restaurer le rôle anti-cancéreux des pDC » explique Ruzena Stranska. La scientifique souhaite ainsi bloquer BST2 à la surface des cellules cancéreuses pour rétablir la production d’interféron par les pDC.

Etudier le signal intracellulaire pour mieux l’inhiber

A cette fin, la chercheuse et son équipe vont tout d’abord étudier, au sein de pDC provenant de donneurs non malades, les molécules en jeu dans le blocage exercé par BST2. Cette partie du projet utilisera des techniques de biologie moléculaire.

Dans un second temps, les scientifiques étudieront l’action de BST2 exprimée au niveau de cellules tumorales sur des pDC de patientes atteintes de cancer du sein ou de l’ovaire. Ils tenteront ensuite d’inhiber la protéine pour rétablir le mécanisme immunitaire initial.

« Nous espérons que nos résultats amélioreront la compréhension des mécanismes de la suppression de l’immunité par les cellules tumorales, et aideront à l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques » conclut la chercheuse.

 

Date de publication : 30/05/2014

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110400 €

Le projet de Ruzena Stranska a été sélectionné par le conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale en 2012.


La chercheuse a obtenu un financement de 110 400 euros sur 2 ans.

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