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Cancers du sein : améliorer les traitements et mieux prédire leur efficacité

Cancers du sein : améliorer les traitements et mieux prédire leur efficacité
  • La réussite et la mise au point de traitements dans le cancer du sein nécessitent une connaissance approfondie de la biologie et de la génétique des tumeurs.
  • Sylvanie Surget tente de mieux caractériser les sous-types de cancers du sein et ainsi de mieux comprendre leurs particularités.
  • Ces recherches pourraient déboucher sur de nouvelles modalités de prise en charge de la pathologie.

Cette recherche est menée par Sylvanie Surget au sein du Département de « Recherche contre le cancer » de l'Université de Dundee en Grande Bretagne.

Des cancers de mieux en mieux caractérisés

La mortalité liée au cancer du sein n’a cessé de diminuer en France ces 15 dernières années. Ces résultats encourageants sont le reflet d’une meilleure compréhension des caractéristiques des tumeurs. En effet, les chercheurs ont pu déterminer que le cancer du sein n’est pas une seule et unique maladie mais est en fait un ensemble de plusieurs maladies caractérisées par des gènes différents. Les cancers du sein de type « luminal A » et « luminal B » surexpriment des récepteurs hormonaux,  ceux du type « HER2+ » surexpriment le récepteur de croissance HER2 et les « basal-like » ou « triple-negatif » ne surexpriment ni HER2 ni les récepteurs hormonaux.

Par conséquent, les différents types de cancers du sein exprimant des gènes différents répondent à des traitements différents et spécifiques (ciblés). Cette classification des cancers du sein permet ainsi de prédire le traitement le plus efficace pour un type donné et d’éviter des traitements agressifs. Les chances de succès des thérapies ainsi que la qualité de vie des patients se trouvent ainsi améliorées.

Cependant, cette catégorisation des différents cancers du sein n’est pas suffisamment précise pour garantir la guérison des patients ou assurer une stabilisation de leur maladie. Sylvanie Surget cherche à identifier de nouveaux marqueurs moléculaires dans les différents types de tumeurs de sein. Ces marqueurs permettront d’affiner la classification des cancers du sein afin d’améliorer la prédiction de la réponse aux traitements actuels et de développer de nouvelles thérapies ciblées.

La protéine p53 au cœur de la vie cellulaire

La scientifique s’intéresse plus particulièrement à une protéine : p53. Cette molécule est indispensable au maintien de l’intégrité cellulaire et de ses composants. En cas de dommage, p53 bloque la division de la cellule et permet sa réparation. P53 protège donc les cellules contre les dommages. Cependant, si les dégâts sont trop importants, p53 déclenche un programme d’autodestruction de la cellule (autrement appelé apoptose). Ce mécanisme permet d’éviter la multiplication de cellules défectueuses et la formation de tumeurs.

Les traitements anti-tumoraux ont pour but de provoquer des dégâts au niveau des cellules cancéreuses, induisant ainsi leur mort. p53 ayant un rôle fondamental dans la réparation des dommages cellulaire, les chercheurs visent à développer des traitements ciblant p53 pour empêcher son action réparatrice et favoriser son activité d’autodestruction.

p53 : une protéine aux formes multiples

p53 existe sous au moins 12 formes différentes. « Récemment, nous avons démontré que la décision de la survie ou de l’autodestruction des cellules tumorales, en réponse aux traitements anticancéreux, dépend de l’équilibre existant entre des formes de p53 « réparatrices » de la cellule et des formes « destructrices », explique Sylvanie Surget. « Ainsi, un déséquilibre en faveur des formes de p53 réparatrices permettrait aux cellules cancéreuses de survivre malgré les différents traitements ».

Caractériser les fonctions de p53 dans le cancer du sein luminal

« Dans notre projet, nous proposons d’étudier les mécanismes moléculaires qui régulent la production des formes de p53 permettant la réparation des cellules, ce qui les rend résistantes aux anti-cancéreux » continue Sylvanie Surget.

La scientifique et son équipe travailleront sur des cultures de cellules de cancers du sein luminaux, soumises à une chimiothérapie. Les scientifiques auront deux objectifs. D’une part, il s’agira de déterminer l’action de chacune des formes de p53 sur la mort ou la survie de ces cellules en culture et, de l’autre, d’observer la manière dont est régulée la production des différentes formes de p53.
Les données recueillies permettront ainsi une meilleure classification des cancers du sein conduisant à une meilleure prédiction d’efficacité des traitements actuels. De plus, la compréhension des mécanismes moléculaires régulant l’expression des différentes formes de p53 pourrait ouvrir la voie au développement de nouvelles thérapies.

Date de publication : 30/05/2014

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30000 €

Le projet de Sylvianie Surget a été sélectionné par le Conseil scientifique de la Fondation en 2013 qui lui a alloué un financement de 30 000 euros.

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