Il est longtemps apparu inimaginable de réparer le système nerveux. De nombreuses avancées ont émergé depuis quelques années, que ce soit par la mise en évidence de molécules capables de faire repousser des neurones lésés ou par l’utilisation de techniques permettant de visualiser l’évolution des lésions neuronales à la suite d’un traumatisme.

Aujourd’hui les interfaces cerveau-machine suscitent de formidables espoirs. Leur objectif est de restaurer l’intégrité d’une boucle qui a été interrompue entre un signal (transmission de la perception visuelle ou de l’intention d’un mouvement) et le traitement du signal (identification de l’objet visualisé ou réalisation du mouvement).
Les recherches actuelles s’intéressent à la détection et à l’analyse des signaux neuronaux aboutissant aux différentes fonctions sensorielles et motrices. Elles proposeront à terme des dispositifs à même de suppléer ces fonctions lorsqu’elles ne peuvent plus être exécutées.
Le temps n’est plus très loin où, même si la structure nerveuse correspondant à une commande motrice est définitivement détruite, le patient pourra continuer à agir – commander un membre artificiel, son ordinateur…. – uniquement par la pensée.
Consciente des enjeux de ce domaine de recherche, très insuffisamment développé en France, la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM), l’Institut pour la recherche sur la moelle épinière et l'encéphale (IRME) et l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) ont décidé de donner une impulsion forte à la recherche sur les dispositifs susceptibles de remplacer les commandes nerveuses perdues.
A la suite d’un appel d’offres doté d’un million d’euros, la FRM a sélectionné 8 programmes de recherche innovants, conduits par l’élite française de la recherche médicale. Ces projets ont été retenus sur la base de la qualité des investigateurs et des perspectives majeures de contribution à l’essor des interfaces cerveau-machine en France.