Don en ligne - don par courrier - dons par prélèvement automatique

Vous êtes ici :




Lyell (syndrome de -)

11/12/2006
> Comprendre une forme grave d’allergie médicamenteuse
Certains médicaments (sulfamides, barbituriques…) peuvent induire une réaction allergique extrêmement sévère conduisant à la destruction des cellules de l’épiderme appelées kératinocytes. Cette réaction, nommée syndrome de Lyell ou nécrolyse épidermique toxique (TEN), est une maladie extrêmement rare. Elle débute par une éruption cutanée, suivie par l’apparition de bulles remplies de liquide. Rapidement, ces bulles confluent, induisant un décollement brutal et étendu de l’épiderme. La peau du patient ressemble à celle d’un grand brûlé. Ses muqueuses (yeux, pharynx, oesophage…) sont aussi atteintes. De surcroît, le patient présente une fièvre supérieure à 39 °C et paraît prostré. D’autres complications (diminution des constituants du sang, insuffisance rénale, insuffisance hépatique) viennent aggraver son état.
 
> Des cellules immunitaires cytotoxiques
Comprendre les mécanismes immunologiques en cause est une étape préalable indispensable à la mise au point de traitements efficaces dans cette maladie au pronostic sévère dont la mortalité reste très élevée : près de 30% si des troubles de la circulation du sang ou des surinfections s’installent. C’est l’un des axesde recherche de l’unité 448 de l’Inserm, «Différenciation, interaction, activation, migration des sous-populations lymphocytaires humaines», dirigée par le Dr Laurence Boumsell, à la faculté de médecine de Créteil. Des travaux menés dans cette unité ont déjà démontré que le liquide des bulles (prélevé par simple ponction) contient des cellules immunitaires particulières, les lymphocytes T8, encore appelés cytotoxiques, car leur rôle dans l’organisme est d’éliminer des cellules indésirables (par exemple infectées par un virus). La Fondation pour la Recherche Médicale soutient Amal Nassif*, dans le cadre de sa thèse, dirigée par le Pr Jean-Claude Roujeau, pour ses travaux de recherche sur les caractéristiques de ces lymphocytes T8. «Nous avons montré que les cellules contenues dans le liquide des bulles exercent une activité cytotoxique seulement en présence du médicament responsable de la réaction allergique», explique-t-elle. Par ailleurs, des molécules présentes à la surface des lymphocytes ont pu être caractérisées, et des messagers chimiques appartenant à la famille des cytokines (TNF alpha, Fas-Ligand) seraient impliqués dans cette réaction. Ces cytokines sont en partie produites par les kératinocytes. Décrypter tous ces mécanismes devrait avoir un retentissement important en santé publique, du fait de la gravité de ces accidents et de leur impact considérable sur l’évaluation du rapport bénéfices/risques des médicaments.
 
*dans le cadre d'un partenariat avec la Fondation Groupama pour les maladies rares

 
Recevez la e-lettre d'infos

 


Recherche

Accès direct