08/11/2007
Chez l’adulte, 10 % des maladies rénales prises en charge sont
d’origine génétique. La plus répandue, la polykystose autosomique
dominante, touche une personne sur 1 000 en France. Sa particularité :
elle se manifeste à l’âge adulte. Ses caractéristiques : des kystes
multiples – poches remplies de liquide et délimitées par une paroi
cellulaire – répartis sur les deux reins et qui augmentent en taille et
en nombre au fil des années. 
« Outre des douleurs, des hémorragies et
des calculs, la polykystose entraîne une hypertension artérielle vers
30 - 40 ans et, vingt ans plus tard, une insuffisance rénale
progressive », explique le Pr Dominique Chauveau, du service de
néphrologie à l’hôpital Rangueil (Toulouse). On a déjà identifié les
deux gènes en cause, PKD1 et PKD2, ainsi que les deux protéines
correspondantes, les polycystines 1 et 2. Que visent les recherches
actuelles ? À mettre au point un traitement inhibant la croissance des
kystes. Les chercheurs ont testé avec succès plusieurs molécules chez
l’animal : l’une d’elles empêche la multiplication des cellules de la
paroi des kystes, une autre bloque la sécrétion du liquide. En France,
à l’automne prochain, devraient débuter deux essais cliniques
internationaux chez l’homme visant à tester l’efficacité et la
tolérance de ces molécules. Par ailleurs, des travaux visant à
identifier les gènes qui contribuent à protéger, ralentir ou au
contraire hâter la progression des maladies rénales sont en cours. Ils
devraient permettre de mieux comprendre ces pathologies et, à terme, de
mieux les traiter.