
Cette défaillance de la mémoire implique des dysfonctionnements et des détériorations des synapses (zones de contact entre les neurones) dus aux peptides béta-amyloïdes solubles. En se déposant sur la membrane des neurones, ces derniers s'accumulent et forment des plaques amyloïdes qui altèrent alors la fonction des synapses.
Le Dr Antoine Triller et son équipe ont compris pourquoi ces amas de protéines amyloïdes, perturbent la fonction des synapses. Pour cela ils ont observé au microscope des neurones d'hippocampe de souris (zone du cerveau responsable de la mémoire), sur lesquels ont été déposés des peptides amyloïdes marqués avec des nanoparticules.
Les chercheurs ont ainsi pu voir des phénomènes qui se passent à l'échelle du micromètre avec une résolution de l'ordre du 1/100e de micromètre. Ils ont montré que les peptides bêta-amyloïdes se déplacent tout d’abord librement à la surface des neurones, puis, leur diffusion est freinée en raison de leur accumulation au niveau des synapses.
Simultanément à leur formation, ces agrégats entraînent une diminution de la mobilité de certains récepteurs du glutamate*, les mGluR5, auxquels ils se lient. Les chercheurs ont constaté que ces derniers s'agglutinent les uns aux autres, favorisant l’entrée du calcium dans les cellules, ce qui a un effet toxique sur les synapses.
Ils ont aussi découvert que les effets délétères des peptides amyloïdes peuvent être prévenus par des molécules qui bloquent l’activité du récepteur mGluR5.
Cette découverte ouvre la voie au développement de nouveaux médicaments ciblés sur les récepteurs mGluR5, afin de lutter directement contre la détérioration des synapses associée aux dépôts amyloïdes.