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Vers des approches thérapeutiques communes entre Parkinson et addictions ?


10/02/2010
Les addictions et la maladie de Parkinson présenteraient des mécanismes moléculaires communs, avec un acteur clé : la dopamine. Jean-Antoine Girault, Directeur de l’Institut du Fer à Moulin à Paris et coresponsable du laboratoire « Neurotransmission et Signalisation », a mis en évidence un nouveau mécanisme d’action de la dopamine dans les addictions qui ouvre de nouvelles pistes thérapeutiques pour les deux pathologies.


La maladie de Parkinson est due à la disparition des neurones qui produisent la dopamine, une substance chimique qui transmet les informations d’un neurone à l’autre. Le traitement repose sur l’administration d’un analogue, la L-Dopa, dont les effets secondaires sont handicapants pour le patient : au bout de quelques années, la L-Dopa entraîne des mouvements anormaux appelés dyskinésies.

Cette même dopamine est également impliquée dans les addictions. « Ces deux maladies ont l’air différentes mais les mécanismes moléculaires qui provoquent les dyskinésies dans la maladie de Parkinson sont les mêmes que ceux qui entraînent l’addiction », précise Jean-Antoine Girault. Les drogues comme la cocaïne ou la morphine exercent leurs effets addictifs en détournant le circuit cérébral dit de récompense dans lequel est impliqué la dopamine. « On va avoir tendance à refaire une action qui a amené une récompense et cet “apprentissage” est contrôlé par les fonctions cérébrales normales », explique Jean-Antoine Girault. « La prise de drogue augmente de manière artificielle les niveaux de dopamine et favorise un apprentissage pathologique qui aboutit au besoin compulsif de consommer la drogue. Le mécanisme est similaire dans le cas de la boulimie, et probablement identique chez les personnes qui sont dépendantes aux jeux. »

Jean-Antoine Girault et son équipe ont mis en évidence un nouveau mécanisme d’action de la dopamine. De nouvelles approches thérapeutiques peuvent ainsi être envisagées pour traiter non seulement la dépendance aux drogues, mais aussi les troubles liés à la maladie de Parkinson.

De nouvelles molécules sont déjà à l’étude chez l’animal, mais des études complémentaires sont nécessaires avant d’envisager leur application chez l’homme.



   
 Jean-Antoine Girault 
 
 

Dons en neurologie
Depuis 2006, le laboratoire de Jean-Antoine Girault a reçu 3 aides de la Fondation pour la Recherche Médicale pour un montant global de 430 000 €.

 
     




 

 
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