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03/01/2007
> Article extrait de Recherche & Santé n°84 La sclérose en plaques (SEP) est responsable de dysfonctionnements neuromusculaires touchant toutes les fonctions de l’organisme. Ainsi, 70% des malades souffrent de troubles urinaires d’intensité variable. Une fois sur deux, il s’agit d’une dyssynergie vésico-sphinctérienne : lors de la contraction de la vessie, le sphincter strié, puissant muscle qui entoure l’urètre, ne se relâche pas totalement et empêche la vidange complète de la vessie. D’où une rétention urinaire favorisant les infections et responsable de désagréments allant des envies impérieuses d’uriner à l’incontinence urinaire. La prise en charge actuelle de ces troubles n’est pas optimale : les médicaments disponibles permettent de réduire le tonus du sphincter, mais sans restaurer un fonctionnement correct de la vessie. Celle-ci peut être vidée par plusieurs sondages quotidiens, mais les autres troubles moteurs dus à la SEP limitent l’autonomie des malades. En dernier recours, la chirurgie peut être envisagée. En France et à l’étranger, quelques études sur des blessés de la moelle épinière ont montré que l’injection dans le sphincter urétral d’une faible dose de toxine botulinique (une puissante toxine bactérienne) paralysait partiellement ce muscle, provoquant le relâchement nécessaire à une bonne miction. Le Dr Philippe Gallien (hôpital Pontchaillou de Rennes) a proposé d’évaluer cette méthode pour traiter les dyssynergies vésico-sphinctériennes associées à la SEP, d’autant qu’une seule injection de toxine botulinique reste efficace durant trois à quatre mois. Au-delà de la guérison, l’amélioration de la qualité de vie des malades est aussi une préoccupation constante de la FRM, qui a décidé de s’engager dans cette étude. Un protocole en double aveugle contre placebo a été élaboré. Des patients présentant une rétention d’urine de plus de 100 ml reçoivent une injection unique, soit de toxine botulinique, soit de placebo, la nature du produit injecté n’étant pas dévoilée. Après trente jours, on mesure la rétention et divers paramètres de la fonction urinaire. Le gain de confort est aussi évalué à l’aide d’échelles de qualité de vie. A ce jour, 55 patients ont été inclus dans l’étude menée par trois centres, à Rennes, Paris et Bordeaux. Comme il s’agit d’une étude en double aveugle, même les chercheurs devront attendre son issue, au plus tard fin 2001, pour connaître les résultats. «Il est donc difficile d’en parler dès maintenant, explique le Dr Philippe Gallien. Mais notre impression est assez favorable : le traitement n’aggrave pas l’incontinence, et les patients semblent satisfaits puisque certains nous demandent de prolonger les injections au-delà de l’étude.» > Voir aussi : :: Dossier complet sur la SEP :: Recherche & Santé consacré à la SEP |