|
02/01/2008
En France, une femme sur dix est touchée par le cancer du sein au cours de sa vie. Pour en identifier les facteurs de risque, notamment ceux liés au mode de vie et à l’environnement, des chercheurs de l’Inserm sous la direction de Françoise Clavel-Chapelon ont initié depuis 1990 une vaste enquête épidémiologique : l’étude E3N. |
L'étude repose sur les données relatives à 100 000 femmes qui, depuis 1990, répondent régulièrement à des questionnaires sur leur mode de vie et leur état de santé. Elle a pour objectif d’évaluer l’impact de l’environnement, de l’hygiène de vie et de certaines options thérapeutiques sur le risque de cancer du sein. Le détail des questions et le sérieux avec lequel les participantes y répondent font de E3N l’une des meilleures bases de données existantes dans le monde.
A ce jour, les résultats les plus importants ont porté sur :
> la confirmation d’une augmentation du risque de cancer du sein, en particulier hormonodépendant, chez les utilisatrices d’un traitement hormonal de la ménopause associant œstrogène et progestatif de synthèse, aucune augmentation n’étant observée pour les associations d’oestrogène et de progestérone naturelle.
> la mise en évidence qu’une activité physique soutenue diminue le risque de cancer du sein. Ce phénomène est probablement lié à des mécanismes hormonaux car l’activité physique diminue l’exposition globale aux oestrogènes.
Ces résultats vont permettre d’orienter les recherches sur les voies des hormones stéroïdes et de l’insuline, dont les dysfonctionnements favorisent le développement de cancers du sein. Ils soulignent la nécessité de travailler par type de cancer du sein (selon l’histologie ou le statut en récepteurs hormonaux), leurs causes étant probablement différentes.