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03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°102 Depuis 1992, la découverte du gène muté à l’origine de la tumeur d’Ewing a changé les pratiques. « Elle permet déjà de diagnostiquer précisément le type de tumeur, de mieux évaluer la dissémination des métastases et, sans apporter encore la clé d’un traitement, de guider les essais thérapeutiques à venir », explique le Dr Olivier Delattre, directeur de l’unité « Pathologie moléculaire des cancers » de l’Inserm à l’Institut Curie. La tumeur d’Ewing est une tumeur maligne de l’os qui atteint les jeunes âgés de moins de trente ans, en particulier à l’adolescence. En France, cinquante à cent nouveaux cas apparaissent chaque année. Les médecins traitent ces patients par chimiothérapie pour réduire la taille de la tumeur, puis retirent le résidu tumoral par chirurgie. Aujourd’hui, les chercheurs commencent à deviner comment contrer les effets du gène muté. L’anomalie génétique à l’origine de la tumeur d’Ewing dérégule l’expression d’au moins 86 autres gènes ! Ainsi, la protéine IGF-BP3 n’est plus fabriquée. Or, elle bloque l’effet d’un facteur de croissance, IGF-1, qui favorise la prolifération des cellules tumorales. L’action protectrice anti-IGF1 de cette protéine est donc supprimée au cours de la maladie. D’où l’idée de développer des molécules anti-IGF1 pour pallier la déficience génétique. Le traitement anti-IGF1 ne sera sans doute pas suffisant, car il est peu probable que ce gène explique à lui seul le processus tumoral. « On s’attend à ce qu’au moins trois à cinq autres gènes, parmi les 86 à l’étude, jouent un rôle synergique », précise le Dr Delattre. Néanmoins, cela permettra peut-être d’améliorer l’efficacité du traitement actuel, qui n’évite les récidives que dans 65 % des cas (1). ■ Source : Molecular and Cellular Biology, août 2004 (1). Survie globale sans récidive à quatre ans, chiffre communiqué par la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC). ---------------- LE DON UTILE ---------------- Un jeune chercheur du laboratoire d’Olivier Delattre a reçu une aide de 16 800 euros en 2004 pour ses travaux sur les mécanismes de la progression tumorale. |