
Yangbo Hu, au Centre d’étude d’agents pathogènes et biotechnologies pour la santé, à Montpellier, se penche sur le
rôle d’une protéine récemment découverte chez la bactérie en cause dans la tuberculose, et identifiée comme responsable de sa résistance à la rifampicine.
La rifampicine, comme d’autres antibiotiques, agit en inhibant l’activité d’une enzyme bactérienne particulière, l’ARN polymérase ; cette enzyme est centrale pour la multiplication de l’agent pathogène dans la cellule hôte.
Différents facteurs protéiques qui interagissent avec l’ARN polymérase peuvent en moduler l’activité, en réponse à des signaux environnementaux. La présence d’antibiotique constitue l’un de ces signaux. Ce mécanisme permet l’adaptation au stress et contribue à la résistance de la bactérie à l’antibiotique. Bien que son existence soit connue, les phénomènes de régulation qui interviennent en amont méritent encore d’être explorés finement.
Yangbo Hu étudie le
rôle d’une petite protéine bactérienne, RbpA, que l’on sait impliquée dans l’augmentation de la tolérance à la rifampicine. Ses récents travaux laissent à penser que RbpA module l’activité de l’ARN polymérase. La suite du projet a pour objectif la caractérisation de cette interaction, au cœur du mécanisme de résistance.
Élucider le rôle de cette nouvelle protéine dans le cycle de réplication de la
bactérie tuberculeuse devrait permettre d’appréhender les mécanismes adaptatifs du pathogène à l’hôte et la génération de la résistance aux antibiotiques. Les molécules capables de bloquer les interactions entre RbpA et l’ARN polymérase devraient alors constituer de bons candidats pour le développement de nouveaux traitements antituberculeux. Un moyen pour remédier aux impasses thérapeutiques croissantes dans cette maladie.
Le Conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale a attribué une aide de 44 400 euros à Yangbo Hu, en 2011, pour mener à bien ses travaux au cours de son post-doctorat.