La bactérie
Mycobacterium tuberculosis se développe à l’intérieur des cellules immunitaires qu’elle infecte, les macrophages des poumons. En réaction, les macrophages induisent une réponse inflammatoire qui finit par former une lésion. La bactérie persiste silencieusement, parfois plusieurs décennies, au cœur de cette lésion.
Lorsque le système immunitaire est affaibli, la bactérie peut être réactivée, ce qui déclenche alors des dommages tissulaires et la
tuberculose.
Comprendre comment le bacille peut échapper si longtemps au système immunitaire est donc l’un des enjeux actuels de la recherche sur l’agent de cette maladie infectieuse.
La membrane externe de la bactérie est composée d’une grande quantité de lipides ; les scientifiques soupçonnent qu’ils jouent un rôle dans l’interaction avec la cellule hôte. Certains ont été récemment identifiés comme étant des facteurs de virulence majeurs de la bactérie ; en leur absence, en effet, la bactérie se multiplie moins et il y a moins de lésions pulmonaires. Il a aussi été établi que des lipides de l’enveloppe bactérienne diminuent la réponse immunitaire (bactéricide). En revanche, les mécanismes moléculaires mis en jeu sont encore largement inconnus.
Christophe Guilhot s’attache à explorer ces mécanismes en utilisant des souches mutantes de Mycobacterium tuberculosis, qui ne fabriquent pas certains lipides d’enveloppe. Il teste leur capacité à infecter et à se multiplier dans des cellules humaines en culture. L’étude de ces mutants devrait l’aider à comprendre le rôle des lipides testés et leur mode d’action.
Il a récemment montré que, lors du contact entre la bactérie et le macrophage, des lipides bactériens s’insèrent dans la membrane de la cellule hôte ; cette insertion provoque une réorganisation de celle-ci qui modifie ses propriétés. Reste encore à en décortiquer le mécanisme et les conséquences sur la multiplication de la bactérie et sa persistance dans l’organisme.
Ce projet pourrait permettre d
’identifier des cibles moléculaires intéressantes pour développer de nouveaux traitements contre la maladie.
Le Conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale a sélectionné le projet de l’équipe de Christophe Guilhot en 2009 et lui a attribué un financement de 300 000 euros pour mener à bien ses travaux.