En France, chaque année, près de 10 000 bébés naissent « grands prématurés », c’est-à-dire avant la fin du 7e mois de grossesse, soit 33 semaines de grossesse révolues. Grâce aux progrès croissants en néonatalogie, ces bébés sont de plus en plus nombreux à vivre sans handicap important. Mais jusqu’à présent, peu de recherches avaient été réalisées sur le devenir de ces bébés. Peu de recherches… avant le lancement d’une grande étude baptisée Épipage (pour « étude ÉPIdémiologique sur les Petits Âges GEstationnels »), en 1997, par une équipe de recherche coordonnée par
Béatrice Larroque.
Une enquête d’envergure
Au total, 2 382 grands prématurés (entre 22 et 32 semaines de grossesse complètes) nés en 1997 dans neuf régions françaises ont été suivis dès leur naissance et jusqu’à l’âge de 5 ans. Examens cliniques, bilans de santé, recueils d’informations auprès des familles sur leur santé et leur développement… ont été réalisés à différentes étapes de leur vie. Les premiers résultats viennent d’être publiés dans la revue médicale de référence au niveau international,
The Lancet .
Des troubles moteurs et cognitifs
Les chercheurs français ont souhaité déterminer précisément la proportion des anciens grands prématurés qui éprouvent des séquelles ainsi que la nature de leurs troubles. Leurs travaux révèlent ainsi qu’à l’âge de 5 ans, seuls 5 % de ces enfants souffrent de troubles moteurs, sensoriels ou cognitifs sévères. Le taux de séquelles modérées est quant à lui de 9 %, celui de déficiences légères de 25 %.
Les troubles moteurs se traduisent, dans les cas les plus graves, par la nécessité d’une aide pour la marche, voire une incapacité à marcher.
Le dépistage des troubles cognitifs (capacité à acquérir des connaissances) est important, car ils risquent de perturber l’apprentissage scolaire. Quant aux troubles sensoriels, moins fréquents, ils concernent essentiellement des déficiences sévères de la vue.
En conclusion de leur étude, les chercheurs ont souhaité souligner à quel point prévenir la prématurité représente un réel défi pour la médecine périnatale actuelle. Les médecins mettent donc tout en oeuvre pour prolonger la grossesse le plus longtemps possible, car chaque semaine supplémentaire permet de réduire significativement le risque de déficience.
1. Unité Inserm 149, IFR69, recherches épidémiologiques en santé périnatale et santé des femmes et université Pierre et Marie Curie.
2. The Lancet, 8 mars 2008.
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La Fondation a apporté une aide importante à la réalisation de cette étude menée dans neuf centres hospitaliers.
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> Article extrait de Recherche & Santé n° 116, décembre 2008.