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03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°97 - janvier 2004 Le traitement hormonal substitutif (THS) prescrit après la ménopause a fait l’objet de deux nouvelles études: la première est française et porte sur le mode d’administration; la seconde est britannique et porte sur le risque de cancer du sein. Il y a quelques années, le traitement hormonal substitutif (THS) était vivement conseillé aux femmes ménopausées pour prévenir des troubles tels que les bouffées de chaleur, les sautes d’humeur et, surtout, l’ostéoporose. Mais dans les derniers mois, la publication d’une vaste étude américaine, qui a fait apparaître un surcroît de risques d’accident cardio-vasculaire lié au THS, a fait grand bruit. Ce risque, par ailleurs spécifique aux États-Unis (voir Recherche & Santé n° 95), est-il influencé par le mode d’administration du traitement? C’est ce qu’a voulu savoir une équipe de recherche française dirigée par Pierre-Yves Scarabin. Soutenue par la Fondation Recherche Médicale, elle cherchait à établir si le risque de thrombose veineuse était plus élevé chez les femmes recevant un THS sous forme orale que chez celles traitées par voie transdermique (gel ou patch). Entre 1999 et 2002, 536 femmes ont été suivies, dont certaines avaient déjà présenté un premier épisode de thrombose veineuse. Ce travail a permis d’établir que seule la prise orale est associée à une augmentation du risque de formation de caillot, la prise transdermique apparaissant comme une alternative plus sûre. Mais qu’en est-il du risque de cancer du sein, également mis en avant par plusieurs études? L’étude Million Women Study, qui a porté sur plus d’un million de femmes britanniques âgées de 50 à 64 ans, vient de montrer qu’il varie en fonction de la nature du traitement. En l’absence de THS, 50 femmes sur 1000 développent un cancer du sein entre 50 et 65 ans; le recours, pendant dix ans, à une combinaison de deux types d’hormones féminines (oestrogènes et progestatifs) entraînerait 19 cas supplémentaires de cancer du sein, contre 5 cas supplémentaires pour un traitement à base d’oestrogènes seuls – un risque moindre mais non absent. Bien sûr, on ne peut ignorer ces nouvelles données, mais il faut noter que cet impact négatif du THS est négligeable les cinq premières années du traitement et se manifeste surtout chez les femmes les plus âgées. En France, il est recommandé d’évaluer au cas par cas l’intérêt du THS, compte tenu du rapport bénéfice/risque, et de réévaluer ce risque après cinq années de traitement. Source: The Lancet, août 2003. -------------- Le don utile -------------- La Fondation Recherche Médicale a financé l’étude Esther coordonnée par Pierre-Yves Scarabin durant trois ans pour un montant global de 206355 euros (1,3 million de francs). Cette étude visait à déterminer si l’administration transdermique (patch ou gel) des oestrogènes pouvait réduire le risque de thrombose chez les femmes recevant un traitement hormonal substitutif de la ménopause. |