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03/01/2007
> D'après Recherche & Santé n°81 Dans la sclérose en plaques, la première cible de la réaction auto-immune est inconnue. Puisque c’est la myéline qui est attaquée et détruite dans cette maladie, il est logique de penser aux protéines spécifiquement exprimées par les oligodendrocytes (situées dans le cerveau et la moelle épinière) qui forment les gaines de myéline autour des axones. L’un des problèmes qui se posent est de savoir s’il existe une ou plusieurs cibles et quels sont les mécanismes de la réaction auto-immune qui conduisent à la maladie. Une collaboration s’est établie entre plusieurs chercheurs : André Dautigny et Danielle Pham-Dinh (CNRS), Roland Liblau et Dalia Dimitri-Meshaka (Inserm), afin de déterminer quelle protéine de la myéline pourrait être impliquée dans le déclenchement de la maladie. Dalia Dimitri-Meshaka, en collaboration avec les deux équipes, a testé l’hypothèse que la MOG (glycoprotéine de la myéline et de l’oligodendroglie), dont la fonction dans la myéline est encore inconnue, serait la cible principale de la réponse auto-immune. «Lorsqu’on immunise des souris contre toutes les protéines de la myéline, explique-t-elle, on obtient une réponse différente suivant que ces souris expriment ou non la protéine MOG dans leur système nerveux central. Les souris dont le gène codant la MOG a été inactivé présentent une maladie plus tardive et moins sévère que les souris exprimant cette protéine. L’absence de MOG semble donc protéger en partie les premières souris d’une attaque auto-immune de la myéline. Par ailleurs, nous avons établi que MOG n’est exprimée que dans le système nerveux central, ceci expliquerait que la MOG est reconnue comme étrangère par le système immunitaire dans certaines conditions pathologiques, ce qui déclencherait la destruction de la myéline.» Dans le même laboratoire de l’Inserm, une autre équipe travaille sur la cible et les effecteurs de la réaction auto-immune : celle d’Anne Cornet. Elle étudie un autre type de cellules du cerveau : les astrocytes, dont les fonctions sont multiples. Ils pour-raient en particulier jouer un rôle dans la réaction immuno-inflammatoire en influençant l’activité des lymphocytes T. Comment étudier les conséquences d’une atteinte des astrocytes sur le maintien du système nerveux ? «En créant un modèle animal qui développe une auto-immunité contre les astrocytes, explique Anne Cornet. Nous utilisons deux types de souris transgéniques. L’un fabrique des lymphocytes T dirigés contre l’antigène HA du virus de la grippe. L’autre, que j’ai créé, exprime HA dans les astrocytes. En croisant les deux types de souris, nous devons obtenir des animaux dans lesquels existe une situation d’auto-réactivité vis-à-vis du système nerveux.» Ces animaux ont développé une auto-immunité vis-à-vis des astrocytes mais aussi vis-à-vis des cellules gliales entériques (cellules de soutien du système nerveux digestif). Tous meurent rapidement, 25% développent une pathologie du système nerveux central et 100% une pathologie digestive qui présente des similarités avec la maladie de Crohn chez l’homme (maladie inflammatoire du tube digestif). «Nous avons obtenu un nouveau modèle animal qui nous permet d’étudier le rôle des astrocytes dans une inflammation du système nerveux central telle que la SEP, et celui de la glie entérique dans le maintien du système digestif», conclut-elle. |