Redonner la vue à ceux qui l’ont perdue
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03/04/2008
Le Dr Serge Picaud travaille au développement d’une rétine artificielle
dans l’unité Inserm dirigée par José Sahel, à l’hôpital des
Quinze-Vingt, à Paris. Il nous explique les enjeux de son projet.
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Quel est l’objectif de votre projet de rétine artificielle ?
C’est de redonner suffisamment de vision aux patients ayant perdu la vue, comme ceux atteints de rétinopathie pigmentaire ou de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Car, dans ces maladies, si les récepteurs à la lumière présents dans la rétine dégénèrent, les neurones qui transmettent l’information au cerveau sont relativement préservés. Nous travaillons donc sur une rétine artificielle qui puisse remplacer les photorécepteurs et transmettre à nouveau une information visuelle au cerveau via le nerf optique. Comment fonctionne cette rétine artificielle ? C’est une « puce » composée de photocapteurs, c’est-à-dire de composants électroniques qui transforment une stimulation lumineuse en courant électrique. Ce signal électrique est ensuite transmis, via une électrode, aux neurones rétiniens, puis au cerveau pour former une image. La vision demande une grande précision : nos collaborateurs suisses (Pr Safran) ont montré que pour lire un texte, il faut au moins 600 pixels répartis sur une matrice de 2 mm x 3 mm. |  | Une telle miniaturisation est possible, mais c’est l’interface entre cette rétine artificielle et le vivant qui est délicate : il faut transmettre l’information de chaque capteur à la fois en termes d’intensité, mais aussi de situation spatiale, pour former une image fidèle à l’objet qui est regardé. Idéalement, il faudrait réussir à connecter chaque capteur avec un ou quelques-uns des neurones rétiniens. Où en est le développement ? Nous avons d’abord évalué l’impact du geste chirurgical et la tolérance de l’implant chez des rats aveugles. Les prochaines étapes sont des tests d’efficacité chez cet animal, mais aussi chez des porcs, afin de disposer d’un modèle plus proche de l’homme. Cela nous permettra d’avoir une première appréciation in vivo de la qualité de l’image obtenue. Enfin, nous travaillons sur un projet européen pour trouver les matériaux les plus adaptés à une interface implant/vivant optimale. ■ |
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