
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) touche 1,3 million de personnes en France. C’est la première cause de cécité parmi les personnes de plus de 50 ans.
D’autres maladies, comme la rétinopathie pigmentaire, affectent également la vision. Dans un cas comme dans l’autre, c’est la rétine qui est atteinte. Cette structure au fond de l’œil est constituée de photorécepteurs, des cellules sensibles à la lumière qui captent les informations visuelles, et d’autres cellules nerveuses qui interprètent ces informations avant de les transmettre au cerveau. « Un petit cerveau en poste avancé », aime à dire le Dr Picaud, chercheur à l’Institut de la vision, à Paris, le plus grand centre d’ophtalmologie d’Europe.
Quand les photorécepteurs ne fonctionnent plus, ce petit réseau de neurones continue à maintenir le contact avec les aires visuelles du cerveau. L’objectif serait donc de remplacer les photorécepteurs par un système artificiel : un appareil photo numérique greffé sur le réseau neuronal rétinien et donc indirectement relié au cerveau par le nerf optique. Des prototypes existent déjà dont quelques patients dans le monde ont pu bénéficier, mais ils ne permettent pour l’instant que de distinguer des sources lumineuses ou des objets très contrastés. Ces appareils sont en général constitués d’une caméra, placée sur des lunettes, reliée à un petit boîtier informatique qui analyse les images, lui-même relié à un ensemble d’électrodes implantées directement au fond de l’œil, au contact des neurones qui véhiculent l’information jusqu’au cerveau. C’est cet ensemble d’électrodes que l’on appelle rétine artificielle ou prothèse rétinienne.
C’est à l’interface entre les électrodes et les neurones que se situent les problèmes techniques qui sont de trois ordres : d’une part, il faut que chaque électrode stimule une quantité limitée de cellules nerveuses, sinon les signaux produits par deux électrodes voisines vont se superposer et risquent de « brouiller » l’image. D’autre part, il faut trouver des matériaux dits biocompatibles, bien acceptés par le corps, sinon celui-ci réagit en formant autour des neurones une barrière fibreuse qui empêche le signal de passer. Enfin, au bout de quelques mois, les implants actuels se corrodent et deviennent inopérants. Heureusement, les chercheurs envisagent déjà des solutions à chacun de ces problèmes.
> Article extrait de Recherche & Santé n°117, janvier 2009.