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Premières données françaises sur la santé des schizophrènes


03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°95


Depuis 1993, Françoise Casadebaig et Alain Philippe, docteurs en démographie, suivent une population de plus de 3 000 patients schizophrènes en France. Cette étude épidémiologique, menée sous l’égide de l’Unité Inserm 513 et dirigée par le professeur Bruno Giros, est soutenue par la Fondation Recherche Médicale et par la Direction générale de la santé. «Le suivi porte sur la mortalité, avec des actualisations de données sur la santé, les addictions, le type de prise en charge et la médication antipsychotique», explique Françoise Casadebaig. Des études montrent en effet depuis longtemps que les patients schizophrènes, à âge et sexe comparables, présentent une surmortalité par rapport à la population générale. Au bout de huit ans de suivi, cette étude confirme ce risque : 385 décès sur les 3 500 patients initialement inclus, soit une mortalité plus de quatre fois supérieure à celle de la population générale.
 
> Des causes de mortalité surreprésentées
La schizophrénie, comme les autres maladies mentales, n’étant pas une maladie directement létale, quelles sont les causes de cette surmortalité ? «La cause la plus représentée est le suicide, précise Françoise Casadebaig. Il concerne plutôt les patients jeunes, en début de maladie.» D’une manière générale, toutes les autres causes sont aussi surreprésentées : cancers, maladies de l’appareil respiratoire, sida, et même causes indéterminées de décès (lorsque les circonstances de la mort n’ont pu être précisées)… «L’intérêt d’une telle étude est de donner des pistes d’observation sur ces patients. Mieux connaître leurs besoins sur le plan de la médication, pour traiter tant les psychoses que les autres maladies, est un point essentiel dans leur prise en charge», poursuit-elle. Cette étude montre notamment que les patients schizophrènes, longtemps catalogués comme «malades mentaux», dits «invulnérables» sur le plan somatique, sont sujets à toutes les pathologies qui atteignent la population générale. Elle révèle aussi une amélioration de la prise en charge de la schizophrénie au cours de ces dernières années : la prescription des monothérapies (traitements utilisant un seul médicament) est en augmentation et inclut les nouveaux antipsychotiques. Les visites à domicile ont augmenté (13%), reflétant un moindre recours à l’hospitalisation plein temps. «Des résultats qui sont dus à l’implication des équipes psychiatriques engagées dans l’étude, souligne Françoise Casadebaig. Une implication d’autant plus remarquable qu’elle est complètement bénévole.»    
 

 
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