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Philippe Pasero : une carrière qui tient le cap contre le cancer


03/01/2008
Très tôt, les projets ambitieux de Philippe Pasero retiennent l’attention de la Fondation, qui décide de l’aider. Depuis, le parcours du jeune chercheur ne déçoit pas.

Philippe PaseroPhilippe Pasero a choisi de consacrer sa jeune carrière à une question : celle de l’instabilité génétique. À chaque seconde, des cellules de notre corps se divisent pour donner deux cellules identiques. Pour cela, l’ADN, qui porte nos gènes, doit être répliqué pour qu’une copie soit transmise à chaque nouvelle cellule. Mais il arrive que le système de réplication défaille. L’ADN se « casse » et devient instable. Cette instabilité est la porte ouverte à une dérégulation cellulaire, en particulier une prolifération anormale des cellules qu’on observe en cas de cancer. D’où l’intérêt du chercheur pour le système de réplication. En comprenant mieux ses défaillances, il espère découvrir un moyen de prévenir la formation de tumeurs. Pour parvenir à cet objectif, il faut souvent travailler sur ce que l’on appelle des « systèmes biologiques modèles », parce que les grands mécanismes biologiques sont conservés à travers les espèces, même les plus simples, et qu’il est plus facile de disséquer leurs caractéristiques moléculaires dans ces modèles. Ainsi, lors de sa thèse, Philippe Pasero a cherché à débroussailler le système de réplication en travaillant sur le xénope, un amphibien. Puis, il a suivi un parcours lisse : postdoctorat à Lausanne pour travailler sur la levure de boulanger, retour en France pour un deuxième « postdoc » à Montpellier, obtention d’un poste de chargé de recherche à l’Inserm puis création de sa propre équipe.

> Un parcours lisse mais non dénué d’obstacles
Son activité de recherche est double : trouver les protéines en jeu, et trouver… des financements. « À la fin de ma thèse, à Marseille, il n’y avait pas de place libre immédiatement dans l’équipe de Lausanne où je souhaitais travailler. J’ai donc poursuivi quelques mois mes travaux de thèse avec l’aide de la Fondation. » Même scénario au retour de Lausanne, « lors de mon deuxième postdoc, avant d’être recruté dans la recherche publique. Une nouvelle fois, j’ai pu compter sur l’aide de la Fondation. »

> Un gros coup de pouce pour créer son équipe
« On avait découvert des protéines impliquées dans l’instabilité génétique de la levure dont il existe des homologues en quantité anormale dans certains cancers chez l’homme, et notamment le cancer du côlon, explique-t-il. Cela méritait de mobiliser une équipe sur la question ». La Fondation pour la Recherche Médicale accepte de soutenir le projet. « Une grande chance car il s’agit d’un financement sur trois ans, commente le Dr Pasero, qui rappelle la lourdeur de la recherche de subventions. Quand on cumule les petits financements, on gâche son temps à remplir des demandes, répartir l’argent en fonction des besoins immédiats (salaires, matériel, etc.), renvoyer les comptes-rendus. Et sans assurance de renouvellement, on freine ses ambitions. La Fondation, elle, nous permet de voir loin. Avec un tel financement, on sait où on va et on peut y mettre toute son énergie. » ■ Faites un don en ligne !
 

 
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