
Une zone précise du cerveau, appelée la substance noire, est progressivement détruite au cours de la
maladie de Parkinson. Elle renferme les neurones à dopamine (ou neurones «dopaminergiques»), un messager chimique indispensable à la transmission ou à la modulation de l’information entre les neurones.
Les troubles moteurs de la maladie apparaissent lorsque plus de
60 % des neurones dopaminergiques ont disparu.
Malgré de nombreuses recherches, les mécanismes en cause dans la dégénérescence de ces neurones sont encore largement inexpliqués. Or, leur compréhension est une étape indispensable vers la mise au point de traitements plus efficaces.
C’est pourquoi la découverte de l’équipe de Stéphane Hunot, dans l’unité Inserm UPMC UMRS 975, au Centre de recherche de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière à Paris, est de première importance.
En analysant le cerveau de patients décédés de la
maladie de Parkinson, ces scientifiques ont mis en évidence la présence anormale, au niveau des régions lésées, de certains globules blancs, les lymphocytes T. Par ailleurs, ils ont montré dans des modèles animaux que les lymphocytes T infiltrant le cerveau participent activement à la dégénérescence des neurones producteurs de dopamine.
Tout l’enjeu, à l’heure actuelle, consiste à comprendre comment les lymphocytes T pénètrent dans le cerveau et à décrypter les cascades moléculaires en jeu dans cette réaction inflammatoire.
L’objectif de l’équipe est de découvrir une molécule capable de bloquer spécifiquement l'entrée des cellules immunitaires tueuses dans le cerveau et empêcher l’invasion cérébrale. Une nouvelle stratégie thérapeutique qui pourrait probablement ralentir l'évolution de la maladie. Le Conseil scientifique a sélectionné ce projet en 2011 et a attribué à Amaury Bekaert, qui mène ses recherches sous la direction de Stéphane Hunot, une aide de 31 200 euros pour terminer sa thèse de sciences.