« La
neurobiologie est une science particulière qui nécessite l’intégration de plusieurs échelles d’analyse, de la molécule à la cellule puis aux systèmes complexes, jusqu’à l’individu au travers de la
psychologie . Les neurosciences posent des questions qui se situent aux fondements de l’Homme. »
Devant un champ d’investigation aussi vaste, Pierre-Marie Lledo est comblé, lui qui se définit comme « un jeune curieux de 45 ans » et un « passionné de la collecte de données pour monter son puzzle ».
Une carrière suivie de près par la Fondation
Et cela fait déjà quinze ans qu’il s’attelle à cette tâche, avec le soutien de la Fondation pour la Recherche Médicale. Encore jeune chercheur, Pierre-Marie Lledo avait reçu une bourse de la Fondation qui lui a permis de poursuivre sa formation à l’étranger pendant un an. Pour lui, l’aide de la Fondation est très précieuse. « Nous travaillons vraiment sur un domaine scientifique très dynamique. C’est pour cela que l’action de la Fondation est très utile car, avec ses
appels d’offres fréquents, elle permet d’accompagner ce type de recherche. » Dernièrement, Pierre-Marie Lledo a pu acquérir, grâce à un financement de la Fondation, un microscope à haute résolution. Et tout récemment, son équipe Perception et Mémoire a reçu le label « Équipe FRM ». Un soutien assuré pendant trois ans.
Pionnier de la thérapie cellulaire pour les maladies du cerveau
Il faut dire que les travaux de Pierre-Marie Lledo méritent d’être encouragés. Ils permettent de repenser l’état de nos circuits cérébraux et d’envisager, demain, de développer une médecine régénérative du cerveau.
On sait aujourd’hui que, chez les adultes, dans des régions très localisées du cerveau, des neurones sont capables de se multiplier, alors qu’on a longtemps cru que ce processus s’interrompait avec la puberté.
En travaillant sur des souris, Pierre-Marie Lledo et son équipe essaient de contrôler ce processus afin de produire des neurones dans des régions cérébrales où ils viennent à manquer suite à l’évolution d’une affection neurodégénérative comme la
maladie de Parkinson ou un traumatisme crânien…
Pour l’heure, les chercheurs butent encore sur la dernière étape : assurer une parfaite intégration de ces neurones dans la zone concernée.
> Article extrait de Recherche & Santé n° 116, décembre 2008.