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Obésité : bloquer la croissance du tissu graisseux


03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°103


À la tête d’une équipe de l’unité Inserm 568 « Signalisation moléculaire et obésité » (1), Bernard Binetruy étudie depuis plus de cinq ans l’un des mécanismes de l’obésité : la prolifération des cellules graisseuses.
 
> Les mécanismes en jeu dans l’obésité sont complexes. Sur quels aspects ont porté vos travaux ?
Il faut d’abord savoir que deux phénomènes coexistent : l’hypertrophie des adipocytes et leur multiplication excessive, à partir de cellules précurseurs. Nous avons étudié les mécanismes contrôlant cette prolifération et leur dérèglement dans l’obésité : un signal à l’extérieur des cellules modifie les voies de régulation à l’intérieur des adipocytes, par activation d’une protéine appelée ERK. À long terme, cela aboutit à de profonds changements dans le fonctionnement des adipocytes.

 
> Cela veut-il dire que l’on sait maintenant bloquer la croissance du tissu graisseux ?
Oui, sur des souris chez lesquelles on a inactivé le gène de cette protéine (souris ERK 1-/-). Soumises à un régime riche en graisses durant plusieurs semaines, ces souris mutées ne deviennent pas obèses, contrairement aux animaux contrôles. Cette « résistance à l’obésité » s’explique, au moins en partie, par un nombre réduit d’adipocytes matures. Pour le vérifier, on a cultivé in vitro les précurseurs d’adipocytes provenant de souris contrôles et de souris mutées : les premiers se différenciaient et se multipliaient, tandis que les seconds peinaient à le faire, ce phénomène expliquant le fait que les souris mutées dont ils étaient issus ne grossissaient pas ou très peu.

 
> Cette découverte pourra-t-elle s’appliquer bientôt à l’homme ?
Sans doute. Mais, il reste encore à mettre au point un médicament capable de bloquer spécifiquement la protéine ERK impliquée dans les adipocytes. Les voies de recherche sont ouvertes.
Source : Diabetes, février 2005

 
(1). Dirigée par Mme Y. Le Marchand-Brustel. 
 
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LE DON UTILE
51 000 euros
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L’unité de recherche Inserm U568 « Signalisation moléculaire et Obésité »,

dans laquelle travaille Bernard Binetruy, a été financée à trois reprises
par la Fondation pour la Recherche Médicale depuis 2001 pour un montant
total de près de 51 000 euros. 
 

 
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