Le centre de recherche NeuroSpin
Un bâtiment à l’éclat métallique anime le paysage de Saclay (Essonne), avec son toit en forme de vague (ou d’onde sinusoïdale, pour un oeil scientifique !)… Il abrite le centre d’imagerie cérébrale de NeuroSpin, inauguré en 2006, où l’on étudie, entre autres, les champs magnétiques émis par les petites impulsions électriques de notre cerveau quand nous pensons ou agissons. Les chercheurs de NeuroSpin essaient ainsi de comprendre le fonctionnement du cerveau et de ses pathologies en repoussant les limites actuelles de l’imagerie médicale.

« Nous utilisons des outils complémentaires : l’électroencéphalographie (EEG), l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et, depuis peu, la magnétoencéphalographie (MEG) », souligne Virginie van Wassenhove, directrice opérationnelle du centre NeuroSpin MEG, dans l’équipe du Pr Stanislas Dehaene, psychologue cognitif et neuroscientifique français mondialement reconnu.
« L’IRMf permet de visualiser au millimètre près les zones du cerveau impliquées dans certaines tâches cognitives – lecture, calcul mental, etc. –, mais sa résolution temporelle est de l’ordre de la seconde. Autrement dit, on obtient une succession (une par seconde) de photos de belle qualité de l’activité cérébrale.
L’EEG permet de son côté d’obtenir des résolutions temporelles de l’ordre de la milliseconde, mais sa résolution spatiale est moindre. Un peu comme un film en mauvaise définition.
Avec un outil comme la MEG, on parvient à la fois à localiser les signaux cérébraux magnétiques avec une résolution de l’ordre du centimètre tout en préservant une résolution temporelle de l’ordre de la milliseconde. »
Un formidable outil de recherche
La MEG, inaugurée en septembre 2008 à NeuroSpin, « servira essentiellement à la recherche : pour étudier, par exemple, des personnes atteintes de schizophrénie, dont les fonctionnements cognitifs ne sont pas encore élucidés », reprend Virginie van Wassenhove.

NeuroSpin, avec l’arrivée de la MEG, ambitionne aussi d’affiner la connaissance de l’activité cérébrale chez les sujets sains : « Comprendre le cerveau sain et son fonctionnement permet de mieux déterminer en quoi un cerveau de patient présente des anomalies fonctionnelles, et éventuellement d’élaborer de nouveaux outils de dépistage ou de soin », ajoute-t-elle.
À noter que NeuroSpin dispose également de systèmes IRM uniques en France et en Europe. Et d’ici à 2012-2013, il sera équipé d’un nouvel IRM, le système franco-allemand baptisé « Iseult », un des deux plus puissants au monde dont on attend beaucoup pour l’étude de la maladie d’Alzheimer. En combinant toutes ces techniques et l’expertise de scientifiques de très haut niveau, le pôle essonnien est ainsi une référence mondiale dans son domaine.
> Article extrait de
Recherche & Santé n°120, octobre 2009.