Les lésions de la moelle épinière, le plus souvent causées par des accidents ou des pathologies comme la sclérose en plaques, peuvent induire des déficits graves : paralysie, perte de sensibilité…

De nouveaux outils tels que l’
imagerie par résonance magnétique de diffusion (IRMd) permettent aujourd’hui d’explorer le fonctionnement des organes, au-delà de leur seule apparence. On peut ainsi mieux évaluer l’étendue des lésions, leurs conséquences, et suivre la réorganisation éventuelle de la matière blanche qui contient les axones, prolongement des cellules nerveuses.
Un jeune chercheur, Julien Cohen-Adad, y a consacré sa thèse de doctorat1 : « L’intérêt de l’IRMd est de distinguer spécifiquement la matière blanche, explique-t-il. Cependant, l’étroitesse de la moelle épinière, les mouvements de respiration du sujet pendant l’acquisition de l’image et les distorsions dues à la présence, dans une même région, de structures anatomiques de différentes natures, rendent délicate son application dans ce contexte. »
Son travail a donc consisté à optimiser les performances de l’IRMd en agissant sur les méthodes d’acquisition (diminution de la vitesse d’acquisition, synchronisation avec la respiration du sujet) et de traitement mathématique de l’image. L’amélioration est déjà significative en conditions expérimentales. « Des essais cliniques seront prochainement entrepris. Nous comparerons les images en IRMd de patients atteints de lésion médullaire à celles de sujets sains. L’objectif, à terme, est d’obtenir une corrélation satisfaisante entre les images d’IRMd et les symptômes observés chez les patients. En plus d’améliorer le diagnostic, cela permettrait d’évaluer l’effet de diverses stratégies thérapeutiques », conclut le jeune chercheur.
> Article extrait de
Recherche & Santé n°119, juillet 2009.