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Mieux comprendre les mécanismes de la douleur grâce au laser CO2


03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°89 - janvier 2002


Les mécanismes neurophysiologiques de la douleur sont difficiles à étudier faute de modèle expérimental précis. La plupart des travaux de recherche sont menés en provoquant des stimuli thermiques douloureux mais les performances des lampes utilisées sont insuffisantes pour analyser avec précision la transmission des messages douloureux par les fibres nerveuses spécialisées, A delta et surtout C. En Belgique, l’équipe du Pr Léon Plaghki étudie depuis plusieurs années les réactions provoquées chez l’homme par une autre source thermique, le laser CO2 . Très énergétique, ce rayonnement laser permet d’appliquer un stimulus intense de très courte durée. Il est constitué d’ondes invisibles, toutes de même fréquence, qui pénètrent ensemble dans la couche cutanée supérieure et stimulent simultanément les récepteurs à la douleur. Ces propriétés, qui permettent d’analyser et de quantifier la relation entre l’intensité du stimulus et la réaction des différentes fibres, devraient faire du laser CO2 un outil précieux d’étude expérimentale de la douleur. Grâce à la Fondation pour la Recherche Médicale, Dominique Bragard, jeune chercheur, a pu, après sa thèse dirigée par le Pr Plaghki, rejoindre l’unité de recherche U.161 de l’Inserm, spécialisée dans l’étude de la douleur, pour y mettre en application son expérience du laser CO2. Il a d’abord transformé cet appareil industriel en un outil de recherche expérimentale permettant de maîtriser parfaitement tous les paramètres du stimulus douloureux et de mesurer de manière précise la réaction des fibres nerveuses impliquées. Puis il a étudié chez le rat la réponse à ce stimulus. Elle n’implique que les fibres C et s’opère en deux temps : d’abord une réponse réflexe – le retrait de la patte – qui ne met en jeu que la moelle épinière et peut être analysée en enregistrant l’activité électrique du muscle de la cuisse ; puis, avec un décalage de 30 millisecondes environ, une réponse cérébrale liée à la perception de la douleur, avec l’émission d’un petit couinement. «Ce système permet donc d’étudier séparément les réponses spinale et cérébrale à la douleur. Dominique Bragard a aussi montré que ces deux réponses sont bloquées par la morphine, la réponse vocale l’étant pour de faibles doses, explique le Dr Daniel Le Bars, qui a supervisé ce travail. On dispose avec ce modèle d’un outil permettant de dissocier l’effet sur la réaction motrice de l’effet sur la sensation, et d’étudier plusfinement d’autres substances actives  sur la douleur.» A plus long terme, d’éventuelles corrélations entre pathologies des fibres nerveuses et propriétés du signal transmis pourraient déboucher sur une utilisation diagnostique de ce stimulus laser.
 

 
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