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03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°96 Dans la maladie de Parkinson, la mort progressive des cellules nerveuses d’une toute petite zone du cerveau, le locus niger, se traduit par l’arrêt de la production de dopamine. «La perte de dopamine provoque l’hyperactivité du noyau subthalamique, qui joue un rôle clé dans le contrôle du mouvement. C’est cette hyperactivité qui est en partie responsable de la rigidité, des tremblements et de la difficulté d’exécution des mouvements caractéristique de la maladie», explique le Dr Marc Savasta (1). > Les bénéfices de la stimulation électrique Un médicament, la L-Dopa, permet de compenser le déficit en dopamine. Mais ses effets bénéfiques s’amenuisent avec le temps. De façon empirique, le Pr Alim-Louis Benabid, chef de service de neurochirurgie du CHU de Grenoble, avait observé que la stimulation électrique profonde du noyau subthalamique réduisait considérablement les symptômes de la maladie, mais sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. Depuis, des études soutenues par la FRM ont confirmé les bénéfices de son utilisation chez l’homme. La technique est pratiquée depuis quelques années, mais elle reste lourde (implantation d’électrodes dans le cerveau par voie chirurgicale) et n’est pas sans risques. Elle demeure par ailleurs encore réservée à un petit nombre de personnes. Comprendre le mécanisme d’action de cette stimulation intracérébrale est indispensable pour pouvoir élargir le traitement à un plus grand nombre de patients. Tel est l’objectif de l’équipe dans laquelle travaille Nicolas Bruet, sous la direction du Dr Marc Savasta, avec le soutien de la Fondation Recherche Médicale. «Le travail a consisté à mesurer chez le rat les conséquences de la stimulation sur l’un des noyaux impliqués dans le contrôle du mouvement, le striatum, ajoute le Dr Marc Savasta. Il a confirmé que la stimulation active la libération de dopamine par les neurones producteurs restants, ce qui contribuerait à l’efficacité de la technique. Ceci expliquerait pourquoi la L-Dopa peut être diminuée chez les malades stimulés. Ce travail montre aussi que la stimulation modifie l’activité des neurones éloignés du noyau subthalamique, rétablissant un fonctionnement cortical correct.» Par ailleurs, grâce à des études de ce type, d’autres noyaux cérébraux pourraient être stimulés pour améliorer l’efficacité de la technique, et, à plus long terme, des médicaments nouveaux pourraient peut-être remplacer la stimulation avec les mêmes effets bénéfiques pour les malades parkinsoniens. (1) Responsable de l’équipe de neurochimie et neuroplasticité fonctionnelle, unité Inserm U.318 du CHU de Grenoble. |