 D'après Recherche & Santé n°93, Janvier 2003 Pour traiter cette maladie du système nerveux central qui touche en France près d’une personne sur quatre cents, il n’existe pour le moment que des traitements dits «symptomatiques», notamment la L-Dopa ou la stimulation électrique profonde. S’ils sont efficaces sur certains symptômes – tremblements incessants, hypertonie musculaire des membres, aspect figé de la mimique et de la posture –, ils ne stoppent pas la destruction progressive des neurones produisant la dopamine. Or, c’est pourtant la mort progressive de ces cellules qui est à l’origine même de la maladie.
La recherche d’un traitement luttant contre cette dégénérescence neuronale est l’un des grands défis de la recherche médicale du XXI e siècle. Soutenu par vos dons, Christophe Jollivet étudie actuellement une solution thérapeutique qui semble très prometteuse dans un proche avenir, sous la direction du Pr Philippe Menei*, neuro-chirurgien au CHU d’Angers. «L’idée est d’utiliser des microsphères biodégradables libérant de façon prolongée et programmée des facteurs de croissance qui vont stimuler la repousse des neurones, explique le Pr Menei. Selon une technique chirurgicale appelée stéréotaxie, il est possible de les implanter directement dans des régions précises du cerveau, au contact des neurones à dopamine. Nous avons déjà observé au cours d’expérimentations chez la souris et le rat “parkinsoniens” que l’injection de ces microsphères contenant des facteurs de croissance se traduit chez certains animaux par une amélioration des troubles moteurs et une régénération des prolongements des neurones.» Des résultats encourageants, certes, mais qui restent à confirmer avant d’envisager une quelconque application chez l’homme. Pour l’heure, il faut perfectionner ces microsphères. En réalité, l’originalité des travaux des chercheurs angevins ne réside pas véritablement dans l’utilisation des facteurs de croissance. La nouveauté vient des micro-sphères. «On sait depuis maintenant une dizaine d’années que des facteurs de croissance tels que le GDNF (glial cell derived neurotrophic factor) sont capables de stimuler la repousse des neurones dopaminergiques, mais la difficulté est de trouver le moyen d’amener cette molécule fragile au sein du cerveau des patients», rapporte le Pr Menei. Jusqu’à présent, personne n’avait encore testé la solution des microsphères. C’est aujourd’hui chose faite. Et surtout, cette nouvelle piste thérapeutique pourrait arriver rapidement au stade d’essai thérapeutique chez l’homme. * En collaboration avec l’Inserm ERIT-M 0104 du Pr Jean-Pierre Benoît.
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