|
03/01/2007
> D'après Recherche & Santé n°82 Un organisme vivant est soumis à une horloge interne qui commande les rythmes biologiques. La mélatonine serait un élément clé de cette organisation temporelle, ce que cherchent à vérifier des scientifiques strasbourgeois. Les rythmes biologiques varient dans le temps, essentiellement sur une période de vingt-quatre heures (rythme circadien), passant alter-nativement par des temps forts et des temps faibles. Exemples, le rythme veille/sommeil…, le rythme de la température corporelle qui diminue le soir, passe par un creux dans la nuit et atteint son pic vers 16 heures. Les mécanismes fonctionnels utilisés à cet effet par les êtres vivants sont organisés autour d’horloges biologiques. «Une hormone, la mélatonine, joue un rôle clé dans ces horloges, explique le Dr Paul Pévet, neurobiologiste spécialisé dans l’étude des fonctions rythmiques et saisonnières, (CNRS, université Louis-Pasteur, Strasbourg). Chez les mammifères, l’horloge circadienne est localisée dans les noyaux de l’hypothalamus dits “suprachiasmatiques” (NSC), poursuit le spécialiste. La mélatonine est sécrétée rythmiquement la nuit par la glande pinéale du cerveau. Ce rythme de sécrétion est généré par l’horloge circadienne et représente un signal hormonal de l’horloge dont l’un des rôles serait d’imposer la rythmicité circadienne à des organes cibles de la mélatonine. De plus, les changements de la durée de sécrétion nocturne de la mélatonine au cours de l’année permettent à l’organisme de mesurer la photopériode et, donc, de s’adapter, par anticipation, aux changements saisonniers du climat. "Mais, pour le moment, les sites et mécanismes d’action de l’hormone sont encore très peu connus, remarque Stéphane Barassin, chercheur dans le laboratoire dirigé par le Dr Pévet. C’est pourquoi nous voulons vérifier que la mélatonine agit bien directement sur l’horloge circadienne. Pour cela, nous allons appliquer la mélatonine localement dans les NSC grâce à une membrane perméable à travers laquelle diffuse l’hormone (technique dite de microdialyse réverse). Nous mesurerons ensuite son effet sur l’activité de la glande pinéale, miroir de l’activité de l’horloge." Projet soutenu par la FRM, et d’autant plus important que toutes nos fonctions – systèmes immunitaire, cardio-vasculaire… – sont soumises à l’horloge circadienne, et que de nombreux troubles – notamment chez les personnes âgées qui sécrètent moins de mélatonine – résultent d’un dérèglement de cette organisation temporelle. La mélatonine aurait ainsi d’immenses potentialités thérapeutiques. |