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Maladies cardiovasculaires : détecter le danger avant qu'il ne soit trop tard

21/04/2008
Malgré de réels progrès, les accidents cardiaques et cérébraux graves restent trop fréquents. Les scientifiques tentent désormais de décrypter les mécanismes responsables de ces complications qui peuvent être fatales.

ThromboseDans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires, une première bataille a déjà été gagnée. Les facteurs de risque généraux – le cholestérol, le diabète, l’hypertension, le tabac et une mauvaise alimentation – sont désormais bien connus et les moyens de prévention largement diffusés. En matière de traitement, les techniques chirurgicales se miniaturisent et sont, de ce fait, de moins en moins invasives. La greffe cardiaque obtient, elle aussi, des succès grandissants. Tous ces progrès ont porté leurs fruits puisque, en France, la fréquence des maladies cardio-vasculaires connaît une diminution.
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> PREMIERE CAUSE DE MORTALITE EN EUROPE
Reste que la guerre contre ces affections n’est pas encore gagnée. Près de 150 000 personnes meurent toujours chaque année en France du fait des complications majeures que sont l’infarctus du myocarde (« crise cardiaque ») et l’attaque cérébrale ou accident vasculaire cérébral (AVC). Pour frapper encore plus fort contre les maladies cardio-vasculaires, les chercheurs ont réussi à cerner un facteur majeur à l’origine des accidents cardiaques et cérébraux graves : l’athérosclérose, une maladie dégénérative de l’artère bien connue des spécialistes.

> LE RÔLE CENTRAL DE L’ATHÉROSCLÉROSE MIS AU JOUR
Le Dr Ziad Mallat, médecin et chercheur au sein du Centre de recherche cardiovasculaire de l’hôpital Lariboisière, à Paris, décrit les mécanismes en cause : « Le danger ne vient pas de la progression lente de la plaque d’athérosclérose à l’intérieur du vaisseau, précise le spécialiste. Les plaques que nous craignons le plus sont celles qui ne sont pas visibles à l’examen par angiographie et qui, du jour au lendemain, vont se rompre ou se fragmenter. Il s’ensuit la formation d’un caillot qui va obstruer le vaisseau : c’est ce qui provoque l’infarctus du myocarde ou l’attaque cérébrale ». Précision essentielle : les données scientifiques ont montré que le risque de rupture était très fortement corrélé à une inflammation de la plaque d’athérome. « Le challenge actuel est de réussir, grâce à des moyens nouveaux, à détecter les plaques d’athérosclérose qui vont se rompre », explique le Dr Mallat.

> DES MARQUEURS INNOVANTS POUR PRÉVENIR LES COMPLICATIONS
Les scientifiques s’intéressent ainsi à des marqueurs biologiques (biomarqueurs) : des éléments détectables dans le sang, capables de favoriser ou de réduire l’inflammation au niveau des plaques. Le dosage de certains biomarqueurs comme outil de mesure des facteurs de risque semble très encourageant, même si, pour l’heure, il n’existe aucune recommandation formelle validée en clinique.


INTERVIEW
Dr Ziad Mallat,
médecin-chercheur au Centre de recherche cardio-vasculaire de l’hôpital Lariboisière (unité Inserm U689), à Paris.



Ziad Mallat> Quelle est votre stratégie pour améliorer la prévention des accidents cardio-vasculaires graves ?
Nous cherchons à développer un ou plusieurs biomarqueurs capables de prédire la survenue d’accidents cardio-vasculaires. Chez des sujets sains, leur dosage permettrait de prévenir un premier accident cardio-vasculaire. Chez des sujets ayant déjà été victimes d’un premier accident cardiaque ou cérébral, leur suivi pourrait être utilisé pour éviter les récidives.

> Vous avez déjà obtenu des résultats très prometteurs. Quels sont-ils ?
Certains des biomarqueurs que nous étudions ouvrent des perspectives très intéressantes. L’un d’entre eux, appelé PLA 2, joue un rôle important dans l’athérosclérose. Nous avons montré que la présence d’un taux élevé de ce biomarqueur augmente fortement le risque d’apparition d’accident cardio-vasculaire chez des sujets sains ou malades. Si ces résultats se confirmaient, il serait possible, dans le futur, d’identifier les personnes ayant un risque élevé de complications cardio-vasculaires graves et de leur proposer des traitements adaptés.
Mais, pour l’heure, nous sommes encore dans le domaine de la recherche. Nous poursuivons nos investigations à travers plusieurs études à grande échelle en Europe, aux États-Unis et en Asie, pour confirmer nos résultats et identifier le profil précis des sujets qui pourraient bénéficier du dosage de ces biomarqueurs.

> En parallèle, vous collaborez à un projet sur la même thématique, mais basé sur l’imagerie médicale...
Nous considérons qu’il est important de détecter les cellules qui meurent au niveau des vaisseaux sanguins dans les lésions d’athérosclérose afin de détecter les plaques les plus instables. En effet, plus le nombre de cellules qui meurent est important, plus le risque de complications et de thrombose est élevé. C’est pourquoi nous participons à un programme de recherche*, afin de détecter ces cellules mortes et les plaques instables grâce à la technique d’imagerie par résonance magnétique (IRM). ■

* Ce programme s’inscrit dans le projet Athim (imagerie moléculaire de l’athéro-thrombose), dans le cadre d’un pôle de compétitivité de la région Île-de-France. Faites un don en ligne !






GLOSSAIRE

Athérosclérose : maladie dégénérative des vaisseaux sanguins responsable du dépôt d’une plaque de graisse et de cellules sanguines, appelée plaque d’athérome, sur la paroi interne des vaisseaux.

Thrombose : formation d’un caillot qui peut provoquer un infarctus du myocarde s’il obstrue une artère coronaire, ou un accident vasculaire cérébral s’il obstrue une artère à destinée cérébrale (carotide par exemple).


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