[D'après Recherche & Santé n°105]Une équipe franco-allemande vient de réussir son pari : transformer des cellules souches du cerveau de souris adultes en neurones capables de sécréter de la dopamine, un messager chimique qui fait défaut dans la maladie de Parkinson.
 Depuis une dizaine d’années, on sait que le cerveau adulte ne cesse de produire de nouveaux neurones à partir de cellules souches. Il y a trois ans, en collaboration avec des scientifiques américains, l’équipe de Pierre-Marie Lledo (Institut Pasteur/CNRS) a prouvé que ces neurones pouvaient établir de nouvelles connexions. L’année suivante, avec des chercheurs allemands, elle a montré qu’ils pouvaient être guidés jusqu’à des régions précises du cerveau, via une molécule naturellement présente dans le bulbe olfactif, la ténascine. Restait à s’assurer qu’une fois parvenus dans la région désirée (en l’occurrence la zone du cerveau lésée par la maladie de Parkinson), ces « néoneurones » produisaient bien la fameuse dopamine. C’est chose faite. « Nos travaux pourraient contribuer à élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques permettant de choisir le destin cellulaire des neurones nouvellement formés, puis de les détourner depuis leur zone de production vers les régions à réparer, commente le Dr Lledo. Si nous parvenons à forcer leur destin, les cellules souches de l’adulte constitueront un réel espoir pour le traitement des maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson. » [Source : Nature neuroscience, juillet 2005]
> 100 000 euros Le laboratoire de Jean-Pierre Changeux et Pierre-Marie Lledo, à l’origine de ces résultats, a été financé à cinq reprises par la Fondation pour la Recherche Médicale depuis 2002. 34 000 euros ont notamment été consacrés à des travaux sur la dépendance à la nicotine.
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