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Maladie de Huntington : la microscopie se met en mouvement, la recherche s’accélère

06/07/2007
Grâce à la vidéomicroscopie, les images en mouvement remplacent les images figées. Cette technique a notamment permis de percer certains mystères d’une grave affection, la maladie de Huntington.

Faites un don en ligne !Les chercheurs avaient beau coller l’oeil au microscope, certains phénomènes restaient difficile à comprendre ; il manquait la dimension temporelle. La voici intégrée, grâce aux travaux de chercheurs de l’Institut Curie. Ils ont perfectionné un vidéomicroscope désormais capable de prendre jusqu’à 15 clichés par seconde tout en se déplaçant dans le volume de l’échantillon à observer. Une fois ces images mises bout à bout, on obtient un effet travelling en trois dimensions, des conditions idéales pour suivre les mouvements à l’intérieur d’une cellule.

 Frédéric Saudou et son équipe « Signalisation intracellulaire et mort neuronale », également à l’Institut Curie, ont très vite su tirer parti de cette innovation, au profit de leurs recherches sur la maladie de Huntington. Cette affection génétique rare touche environ une personne sur dix mille. Le plus souvent, elle ne se manifeste qu’à l’âge adulte. Surviennent alors des symptômes psychiques – anxiété, dépression, agressivité –, auxquels s’ajoutent des troubles moteurs – mouvements involontaires, dits choréiques, qui donnent à cette maladie son autre appellation, la chorée de Huntington. Des médicaments permettent de contenir certaines manifestations, mais ils ne parviennent pas à enrayer l’évolution de la maladie…

On savait déjà que la maladie était liée à la mort de neurones dans certaines régions du cerveau (striatum et cortex). On connaissait aussi la protéine anormale chez les malades, qui porte d’ailleurs le nom de huntingtine. On savait enfin qu’une autre molécule, nécessaire à la survie des neurones, le BDNF (brain-derived neurotrophic factor), était présente en moins grande quantité dans le striatum des malades. Restait à faire le lien entre tout cela. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que la huntingtine anormale entravait le transport du BDNF vers le striatum. MaisHuntingtine les observations au microscope classique ne permettaient pas de le confirmer. C’est chose faite grâce à la vidéomicroscopie. Sur des neurones de souris atteintes de la maladie, on a observé que la huntingtine malade ralentissait de 40 à 50 % la vitesse de transport du BDNF. Ce qui, à long terme, engendre la mort des neurones, par manque de BDNF. Grâce à cette découverte, l’équipe de Frédéric Saudou est sur la piste d’un traitement. En effet, on connaît un médicament déjà utilisé contre une maladie du rein et qui a le pouvoir d’augmenter la production de BDNF, ce qui, faute d’accélérer son transport, permet de combler son déficit. Il a fait ses preuves dans le traitement de la maladie de Huntington chez la souris, et le lancement d’un essai clinique chez l’homme a été validé par le ministère de la Santé. ■
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