03/01/2007
D'après Recherche & Santé n° 94 - avril 2003 Véritable problème de santé publique, la maladie d’Alzheimer touche 350.000 personnes de plus de 65 ans en France. La fréquence de la maladie augmente avec l’âge, au point d’atteindre près de 30% chez les plus de 85 ans. Deux types de lésions sont observés dans le cerveau des malades : > une dégénérescence neurofibrillaire (accumulation de débris filamenteux dans les neurones) > et des plaques séniles, dépôts anormaux d’une protéine, le peptide bêta-amyloïde. Celui-ci est formé à partir d’une protéine de la membrane cellulaire : l’APP (amyloid precursor protein). Étudier pourquoi certaines connexions ne se font plus Soutenu par le mécénat Crica prévoyance / Fondation pour la Recherche Médicale et en collaboration avec le Dr Agnès Hemar (CNRS UMR 5091, Bordeaux), chargée de recherche au CNRS, et le Dr Bernadette Allinquant (CNRS UMR 8542, ENS, Paris), directrice de recherche à l’Inserm, le Dr Éric Bertandeau a utilisé un modèle animal original pour étudier le rôle de l’APP. En introduisant de petits fragments de la protéine APP dans des neurones d’hippocampe de rat en culture, ceux-ci sont entrés en compétition avec la protéine entière, l’empêchant ainsi d’établir des relations avec ses partenaires habituels (d’autres molécules de la cellule). Les chercheurs ont ensuite étudié les retentissements de cette perturbation et ont ainsi pu montrer qu’elle entraînait une modification de la répartition d’une autre protéine, la dynamine 3, dans la membrane de la cellule. Or, la dynamine 3 intervient dans la formation et le fonctionnement des synapses, structures essentielles pour la communication entre les neurones et les fonctions cérébrales. C’est la première fois qu’est mise en évidence une interaction entre l’APP et cette protéine. Cette nouvelle piste va être exploitée par d’autres membres de l’équipe. Grâce au modèle validé par Éric Bertandeau, les recherches futures pourront préciser les effets de l’APP sur la formation des synapses et identifier des interactions avec d’autres facteurs. Une étape a été franchie dans la compréhension des mécanismes de la maladie d’Alzheimer. Cela devrait permettre d’identifier de nouvelles cibles pour des médicaments qui protégeront les neurones de la toxicité de l’APP.
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