03/01/2007
Soigner la maladie d’Alzheimer nécessite d’identifier les causes et de les traiter. Pour l’heure, les traitements ne soulagent que les symptômes. Afin d’enrayer le processus de dégénérescence à sa source, les scientifiques ont déjà identifié les lésions responsables, les plaques amyloïdes. Les efforts de recherche visent maintenant à développer des stratégies pour bloquer leur formation ou les détruire.
Une destruction progressive de certains neurones, ce pourrait être une définition biologique de la maladie d’Alzheimer. Pendant dix à vingt ans, ce processus dégénératif s’opère sans aucun signe apparent, jusqu’au moment où le cerveau n’est plus à même de compenser la perte de ses neurones. C’est là que les premiers troubles se font sentir. Dans la communauté scientifique, il y a aujourd’hui consensus pour désigner les deux types de lésions qui jouent un rôle majeur dans la maladie. Les premières sont appelées plaques amyloïdes ou plaques séniles. « Elles ressemblent un peu à des flocons de neige qui se déposent autour des neurones et sont constituées par des peptides dénommés Aß », explique le Dr André Delacourte, responsable, à Lille, de l’équipe de recherche « Vieillissement cérébral et dégénérescence neuronale[1] ». Les secondes lésions se caractérisent par l’accumulation de paquets de filaments, les fibrilles, mais cette fois à l’intérieur même des neurones. « L’approche stratégique des chercheurs est maintenant de savoir où est la poule et où est l’oeuf », précise le Dr Delacourte. En d’autres termes, ils veulent déterminer qui, des plaques amyloïdes ou des fibrilles, est le facteur déclenchant de la maladie d’Alzheimer. Un préalable indispensable à la mise au point d’un médicament s’attaquant à la cause de la maladie. > VERS UN VACCIN QUI ÉLIMINERAIT LES PLAQUES « Les plaques amyloïdes Aß qui s’accumulent autour des neurones seraient le neurotoxique qui tue les neurones », répond le Dr Delacourte. Et beaucoup de ses pairs partagent cet avis puisque, actuellement, 99 % des travaux de recherche sur les causes de la maladie d’Alzheimer visent les peptides Aß. Pour atteindre cet objectif, deux pistes sont privilégiées : les sécrétases, qui interviennent dans la formation des plaques (cf. interview ci-dessous) et la vaccination thérapeutique ou immunothérapie. « On s’est rendu compte chez la souris que l’injection de peptides Aß dans la circulation sanguine conduit à la fabrication d’anticorps dirigés contre ces peptides. Et surtout, on s’est aperçu que Dr Frédéric Checler, chercheur à l’institut de Pharmacologie moléculaire et cellulaire, Sophia Antipolis (Nice). ces anticorps sont alors capables de se fixer sur les plaques amyloïdes et d’entraîner leur destruction », souligne le Dr Delacourte. Chez l’homme, un premier essai de vaccination avait dû être stoppé en 2001 suite à des effets indésirables observés chez certains patients. Mais les spécialistes envisagent une reprise prochaine de ces essais avec de nouvelles approches permettant d’éviter les effets secondaires. [1] Au sein de l’unité Inserm U422 Neuroendocrinologie et physiopathologie neuronale. Le laboratoire de Frédéric Checler a bénéficié de deux aides de la Fondation pour la Recherche Médicale pour un montant global de 8 300 euros, grâce à vos dons.
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