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03/01/2007
Source : Nature Neurosciences, avril 2005. La dépendance aux drogues constitue un véritable fléau en France comme dans nombreux autres pays développés puisque certaines études (1) chiffrent à 150 000 le nombre de consommateurs réguliers de cocaïne. 850 000 Français avouent même avoir « expérimenté » une fois dans leur vie de la cocaïne (2). Jusqu’à présent, les traitements de la dépendance envisagés par les chercheurs visaient à bloquer les circuits neuronaux impliqués dans ce qu’ils appellent la motivation pour les « récompenses » naturelles : boisson, nourriture, rapports sexuels… les mécanismes de l’attrait pour la cocaïne suivraient eux-aussi ces mêmes circuits. Pourtant Christelle Baunez et ses collaborateurs (3), chercheurs du CNRS (4), viennent de montrer que ces mécanismes pourraient en fait être dissociés. C’est en constatant une prise de poids chez les patients parkinsoniens soignés par stimulation cérébrale profonde [lien vers article sur le sujet] que les chercheurs ont eu l’idée, dès les années 1990, d’étudier l’implication de la zone du cerveau traitée (noyau subthalamique) dans les processus cognitifs et notamment ceux de la « récompense ». En faisant différents tests comportementaux sur des rats, les chercheurs se sont aperçus que des spécimens dont on lèse volontairement le noyau subthalamique ne montrent pas de motivation particulière à essayer d’obtenir de la cocaïne tandis que les rats « témoins » se montrent, eux, très « intéressés ». En outre, cette lésion n’affecte en rien l’attrait du rat pour la nourriture. Une découverte qui permet d’envisager de nouveaux traitements de la dépendance aux drogues : il serait possible de réduire l’attrait pathologique de la cocaïne par une opération de neurochirurgie semblable à celle pratiquée chez les patients parkinsoniens (stimulation haute fréquence par une électrode implantée). Reste néanmoins à confirmer et à évaluer les avantages et les éventuels effets secondaires d’une même intervention chez l’homme. (1) www.interieur.gouv.fr (2) www.drogues.gouv.fr (3) Marianne Amalric et Carine Dias, co-signataires de cette publication (voir sources), ont toutes deux bénéficié d’une aide de la Fondation Recherche Médicale en 2002 et 2003 pour un montant total de 11 000 euros. (4) Laboratoire de neurobiologie de la cognition (CNRS / Université d’Aix Marseille 1) ----------- SOURCES :: Nature Neurosciences, avril 2005. :: www.cnrs.fr |