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03/01/2007
Avec l’âge, il n’y a pas que la peau et les articulations qui perdent de leur souplesse. Les artères aussi. La diminution de l’élasticité de ces vaisseaux sanguins est-elle préjudiciable ? > Des méthodes d’examens non invasives «Le coeur est une pompe qui propulse le sang par à-coups, explique le Pr Athanase Bénétos, directeur de recherche (Inserm U.258) à l’hôpital Charles-Foix d’Ivry-sur- Seine. L’une des fonctions primordiales des artères est de rendre plus régulier le flux sanguin. Or, ce rôle d’“amortisseur” n’est possible que si les artères sont assez souples pour modifier rapidement leur diamètre.» Et, en effet, le risque associé à la rigidité artérielle (ou artério-sclérose) due au vieillissement a étéprouvé il y a une dizaine d’années par différentes équipes, dont celle du Pr Athanase Bénétos. Ces chercheurs avaient alors établi une corrélation entre la rigidité des artères et une augmentation de la mortalité et de la morbidité cardio-vasculaires chez les individus âgés de moins de 70 ans. «Dans les vasseaux rigides, l’amortissement du flux sanguin est moindre et des ondes de choc, dites de réflexion, se répercutent, ce qui fatigue le muscle cardiaque», précise le Pr Athanase Bénétos. Mais qu’en est-il chez les sujets âgés et très âgés, qui constituent une part de plus en plus importante de la population française ? Avec l’aide de la Fondation pour la Recherche Médicale, un laboratoire d’investigation artérielle a été équipé à l’hôpital Charles-Foix, le plus grand hôpital gériatrique de la région parisienne. Les méthodes d’examen non invasives mises au point par le Pr Bénétos et son équipe ont pu être appliquées à ces sujets âgés et très âgés. En mesurant différents indices de la rigidité artérielle (vitesse de l’onde du pouls, ondes de réflexion), ces chercheurs, en collaboration avec des cliniciens du même hôpital, ont prouvé que les sujets de plus de 70 ans ayant une rigidité aortique accrue de 25% présentent un risque cardio-vasculaire multiplié par trois (1) . > Trouver les facteurs génétiques et environnementaux La perte de souplesse des artères liée au vieillissement est inéluctable. Mais les individus ne sont pas égaux face à l’artério-sclérose. L’équipe du Pr Bénétos souhaie donc aussi connaître l’ensemble des facteurs génétiques et environnementaux – notamment le diabète et la consommation de sel – qui accélèrent la perte de souplesse des artères. Dans un article publié récemment, les chercheurs annoncent qu’une pression artérielle élevée et une fréquence cardiaque rapide sont des facteurs qui, à long terme, accélèrent le vieillissement artériel (2) . La découverte de ces facteurs devrait offrir de nouvelles pistes pour prévenir et traiter l’artério-sclérose, ainsi que les problèmes cardio-vasculaires qui en découlent. 1 - Arterioscler. Thromb. Vasc. Biol., déc. 2001. 2 - Circulation, mars 2002. |