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La première greffe mondiale de cellules musculaires dans le muscle cardiaque

03/01/2007
> Extrait de Recherche & Santé n°85


Le 15 juin 2000, une équipe pluridisciplinaire française a réimplanté, pour la première fois au monde, dans la zone nécrosée du coeur d’un homme de 72 ans, des cellules prélevées sur un muscle de sa cuisse. Il souffrait d’insuffisance cardiaque grave après infarctus du myocarde.
 
L’insuffisance cardiaque, le plus souvent consécutive à un infarctus du myocarde, est un problème majeur en pratique cardiologique (environ 120000 nouveaux cas par an en France). En raison du vieillissement de la population, c’est également un problème majeur de santé publique. Pour ces raisons, et compte tenu des limites des traitements médicaux et chirurgicaux actuels, l’insuffisance cardiaque justifie la recherche de nouvelles stratégies thérapeutiques. Le principe de la greffe de cellules autologues (prélevées sur le malade lui-même) consiste à coloniser une zone du muscle cardiaque irréversiblement détruite à l’aide de cellules musculaires périphériques (dans ce cas, celles de la cuisse du patient) préalablement cultivées en laboratoire. En l’occurrence, les cellules ont été cultivées à l’hôpital Saint-Louis pendant quinze jours. L’équipe a ainsi obtenu huit cents millions de cellules musculaires qui ont été réinjectées dans la zone non contractile du myocarde lors d’une intervention chirurgicale classique (double pontage coronarien) réalisée par le Pr Philippe Menasché, de l’hôpital Bichat. Quatre mois plus tard, l’essoufflement invalidant a disparu et les signes d’une contraction, initialement absente, sont réapparus dans la zone greffée. Ces résultats suggèrent à la fois la viabilité et la fonctionnalité des cellules musculaires implantées. «Cette technique de greffe autologue, qui ne nécessite aucun traitement antirejet, apparaît d’ores et déjà prometteuse pour les insuffisants cardiaques graves ne pouvant bénéficier d’une transplantation classique», commente le Pr Albert Hagège, cardiologue à l’hôpital européen Georges-Pompidou. Sa mise au point a nécessité de nombreuses expérimentations sur le rat et la brebis : remplacement de cellules nécrosées par des cellules foetales de coeur, puis par des cellules musculaires. La Fondation pour la Recherche Médicale, qui a soutenu ces études, est particulièrement heureuse, aujourd’hui, de pouvoir annoncer leur issue positive. L’équipe cherche maintenant à confirmer ce résultat en lançant un protocole d’essai clinique de thérapie cellulaire associant l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris et l’Inserm et prévoyant l’inclusion de huit autres patients.

 
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