Par nature, Younes Boudjemline est un bricoleur qui aime les matériaux. Mais plutôt que de simples outils, celui qui se décrit comme « un esprit inventif » manie des cathéters et autres dispositifs destinés à être implantés dans l’organisme. Quant à l’objet de ses travaux, il s’agit de l’organe le plus précieux qui soit : le cœur.
Trouver des alternatives à la chirurgie

«
Je m’intéresse aux pathologies cardiaques congénitales, c’est-à-dire présentes à la naissance. J’étudie en particulier la tétralogie de Fallot, plus connue sous le nom de « maladie bleue », une des pathologies les plus fréquentes en pédiatrie cardiaque. A la fin des années 1990, j’ai développé un dispositif pour remplacer la valve cardiaque défaillante dans cette maladie, en passant par le pli de l’aine, donc sans recourir à la chirurgie qui reste très invasive avec des risques non nuls. »
Suite à une double formation en clinique et en recherche, Younes Boudjemline est parfaitement à l’aise dans le cathétérisme cardiaque, un domaine en pleine expansion où ingénierie et cardiologie se rejoignent. «
Dans cette discipline, beaucoup de spécialistes appliquent des techniques déjà disponibles. Moi, j’ai envie de faire avancer les choses. C’est pourquoi je fais volontairement de la recherche très appliquée ». Un pari qui lui réussit puisque son dispositif conçu pour traiter la maladie bleue a été finalisé et commercialisé en deux ans. «
Avec de réelles limites, tempère néanmoins le pédiatre, car ce dispositif ne convient qu’à 5 % des malades ». Mais ce jeune chercheur de 38 ans est à la fois obstiné et créatif. «
Avec le soutien de la Fondation pour la Recherche Médicale, je travaille à un nouveau dispositif dont la forme pourrait convenir à la majorité des patients. »
> Article extrait de Recherche & Santé n°117, janvier 2009.