
Les lésions traumatiques du cerveau - 155 000 en France dont 12 000 nouveaux cas sévères par an - tout comme celle de la moelle épinière (1 000 par an) conduisent pour la plupart à des paraplégies définitives. Des perspectives peu réjouissantes pour des traumatismes qui sont souvent de causes accidentelles. Seul réel espoir pour ces milliers d’accidentés : restaurer les fonctions lésées en travaillant sur les interfaces cerveau-machine. Un concept de recherche en plein essor qui allie investigations sur le fonctionnement du système nerveux et développement de dispositifs robotisés. Ainsi, quelques exemples récemment médiatisés montrent que les chercheurs sont aujourd’hui capables de suppléer des déficits nerveux en utilisant des moyens artificiels. Jesse Sullivan, un Américain de 54 ans a été ampu té de ses deux bras après avoir été très sévèrement électrocuté sur une ligne à haute tension. Des médecins chercheurs du
Rehabilitation Institute of Chicago ont pourtant réussi à lui « implanter » deux bras artificiels que Jesse peut désormais utiliser de façon très étonnante, à l’image d’un véritable « homme bionique ». « Cet exemple – même s’il est encore rare – démontre qu’à partir du moment où l’on est capable de comprendre un signal nerveux et de l’interpréter pour commander une neuroprothèse (i.e. une sorte de robot),

tous les espoirs sont permis », indique le Pr François Clarac, président du comité de pilotage du programme Interface cerveau-machine. Les recherches actuelles dans le domaine visent également à analyser l’organisation et le fonctionnement des réseaux de neurones dans la moelle épinière et le cerveau. Des recherches qui ont été considérablement

accélérées par les progrès de l’imagerie médicale (voir
Ces médecins qui révolutionnent nos vies ), des systèmes d’enregistrement, la miniaturisation des appareillages, le traitement informatique des données… Les spécialistes pensent que grâce à ces recherches, on pourra – à terme - utiliser la pensée seule, pour agir. Le moment où un robot remplacera une structure nerveuse définitivement détruite n'est donc plus très loin !