> En quoi ont consisté vos derniers travaux ?Nous étudions un type de cellules de défense de l’organisme, les lymphocytes T CD 8, aussi appelés cellules tueuses. Nous savions déjà qu’elles peuvent détruire directement des cellules cancéreuses ou infectées par des agents pathogènes tels que des bactéries. Nous venons de découvrir que ces cellules tueuses acquièrent une « mémoire » lorsqu’elles sont sensibilisées lors d’une vaccination contre une bactérie pathogène. Fait nouveau, cette « mémoire » leur permet de mieux protéger l’organisme contre d’autres infections survenant ultérieurement, même si la deuxième bactérie est différente de la première. Ceci grâce à la production d’une molécule appelée chimiokine, qui va alerter d’autres globules blancs, de l’immunité innée, capables de détruire les microbes. La réaction immunitaire à cette nouvelle infection devient alors 10 000 fois plus efficace que la première !
> Cette découverte pourrait-elle bénéficier à certains patients ? Dans l’année qui vient, nous allons tenter de valider un procédé de vaccination thérapeutique grâce à cette technique. Elle pourrait s’avérer très utile pour lutter contre certaines bactéries comme le staphylocoque doré qui fait des ravages dans les hôpitaux :
– chez les patients fragilisés par un traitement anticancéreux, par exemple,
– et contre lequel les antibiotiques sont de plus en plus impuissants… ■
Source :
The Journal of Experimental Medicine, septembre 2007.