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Imagerie cérébrale: scruter les zones les plus intimes du cerveau


05/05/2009
Grâce aux progrès de l’IR M et de la magnéto-encéphalographie, les chercheurs étudient le cerveau pour comprendre son fonctionnement normal et pathologique.
Entretien avec Christophe Pallier, chercheur au laboratoire Inserm de neuro-imagerie cognitive, centre Neurospin CEA - Saclay, dirigé par Stanislas Dehaene.

> Comment l’imagerie cérébrale est-elle utilisée dans la recherche ?
Nous essayons de comprendre comment est construit le cerveau et comment il fonctionne.
L’imagerie cérébrale fournit des images de l’anatomie du cerveau ou de son activité lorsque les personnes effectuent différentes tâches.


> Actuellement, quels sont les équipements les plus en pointe ?

L’IRM, ou imagerie par résonance magnétique, utilise des scanners qui permettent de visualiser les zones du cerveau où l’activité augmente en fonction des différentes tâches effectuées.

L’une des spécificités de notre laboratoire est de disposer de caméras IRM particulièrement récentes et performantes.
Elles donnent des images dont la précision est meilleure que celles des images habituelles.
On pourrait les comparer à des appareils photo qui auraient davantage de pixels que les appareils  classiques.
Ces images permettent de mieux distinguer les différentes zones cérébrales activées.

Cependant, les caméras IRM ne donnent pas d’indications sur le déroulement précis des activités du cerveau au cours du temps.
C’est là qu’un autre équipement d’imagerie médicale intervient : le magnétoencéphalographe (ou MEG: Le magnéto-encéphalographe permet d’enregistrer l’activité électrique du cerveau).
Avec plusieurs dizaines de capteurs placés tout autour de la tête, le MEG permet d’obtenir un film des zones du cerveau qui s’activent en fonction des tâches effectuées.

Avec l’IRM, nous pouvons obtenir une image toutes les secondes ou les deux secondes.
Grâce au MEG, nous pouvons suivre à la milliseconde comment les informations se déploient dans le cerveau.
Au lieu d’avoir des photos, nous obtenons un film.
Par contre, les images sont moins bonnes qu’avec l’IRM.

C’est pourquoi nous combinons les clichés obtenus avec les deux méthodes.


> Ces techniques peuvent-elles améliorer la compréhension de certaines pathologies qui affectent le cerveau ?

L’IRM est utilisée quotidiennement dans les hôpitaux pour détecter des lésions cérébrales.

Bien que dans notre laboratoire nous nous intéressions essentiellement au fonctionnement du cerveau de « volontaires sains », nous comparons parfois ces clichés avec ceux obtenus dans des situations pathologiques.

Ainsi, en travaillant sur les zones responsables de la compréhension et de la perception de la parole, il est possible d’étudier des pathologies comme la dyslexie pour visualiser les différences entre une personne qui souffre de ces troubles de la lecture et un sujet non concerné par cette maladie.
 
La magnétoencéphalographie est également utile pour localiser les foyers épileptiques, c’est-à-dire les aires d’où partent les décharges électriques provoquant les crises d’épilepsie.









 

 
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