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Diabète : une protéine anormale mise en cause ?


03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°100


Petite lueur d’espoir dans un contexte d’épidémie de diabète plus que préoccupant : les chercheurs Johan Auwerx de Strasbourg et Lluis Fajas de Montpellier ont mis en évidence le rôle important d’une protéine appelée E2F1 dans la fonction pancréatique.
 
On savait cette protéine impliquée dans le contrôle de la prolifération cellulaire, on sait désormais qu’elle intervient aussi dans le bon fonctionnement des cellules pancréatiques qui sécrètent l’insuline. Or, le diabète de type 2 est une maladie chronique qui se caractérise par une diminution de l’action de l’insuline (insulinorésistance), avec parfois une sécrétion insuffisante d’insuline par des cellules dites « bêta » du pancréas. Ce défaut en insuline aboutit à une élévation anormale du taux de glucose (sucre) dans le sang (hyperglycémie) exposant le malade à de nombreux risques : insuffisance rénale, atteinte de la rétine, problèmes cardiaques et vasculaires pouvant aboutir à des amputations. L’origine de cette insuffisance est encore mal comprise, mais les travaux de Johan Auwerx et Lluis Fajas montrent qu’elle pourrait, dans certains cas, être expliquée par une anomalie de la protéine E2F1. Des souris dépourvues de cette protéine présentent en effet un pancréas de taille réduite et un mauvais fonctionnement des cellules bêta du pancréas. Un défaut génétique d’E2F1 existerait-il chez l’homme ? « Des recherches sont en cours chez des patients diabétiques », annonce Lluis Fajas. Elles pourraient conduire à individualiser une forme de diabète de type 2 pouvant être traité par un apport d’E2F1. C’est également toute la cascade d’événements reliant le gène E2F1 à la sécrétion d’insuline qui va être explorée, afin de déterminer le ou les maillons de la chaîne sur lesquels agir, et mettre au point de nouveaux médicaments.  
 
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LE DON UTILE
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76 200 euros
c’est le montant alloué par la Fondation Recherche Médicale à l’équipe du Dr Lluis Fajas pour l’installation de son laboratoire. Au total, la Fondation Recherche Médicale a financé 35 programmes de recherche sur le diabète en deux ans, pour un montant global de 800 000 euros. 
 
> Le cri d’alarme de l’OMS
L’épidémie de diabète galope : six personnes mourraient chaque minute dans le monde à cause d’un diabète ou d’une complication liée au diabète ! Le nombre de victimes dépasse déjà celui du sida et le nombre de patients diabétiques attendu en 2030 est de 366 millions, soit près du double d’aujourd’hui. Le principal responsable : le diabète de type 2, qui compte pour 80 % à 90 % des cas. En France, sur 2,8 millions de diabétiques, 2,6 sont affectés par le type 2. Les raisons de cette épidémie ? Les gènes, mais surtout les mauvaises habitudes alimentaires et la sédentarité : la courbe d’évolution de la fréquence du diabète suit ainsi celle de l’obésité. Les coûts humains et économiques attendus sont colossaux. En 1998, l’Assurance maladie dépensait déjà 5 milliards d’euros pour les soins du diabète. « Il est temps d’agir », a averti l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en mai 2004. 
 

 
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