Don en ligne - don par courrier - dons par prélèvement automatique

Vous êtes ici : Accueil Nos dossiers Recherches financées



Diabète de type 1 : où en est la recherche ?


03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°101


Aujourd’hui, le diabète de type 1 ne se guérit pas. Il se traite. Généticiens, immunologistes, diabétologues ont décidé d’unir leurs forces pour libérer les diabétiques de cette contrainte. Le point avec la Fondation Recherche Médicale.
 
Chaque jour, des piqûres au bout du doigt pour contrôler sa glycémie, des doses d’insuline à ajuster, son alimentation à surveiller : difficile pour un diabétique de type 1 d’oublier son diabète. Mais pas question de déroger aux règles, les risques sont trop importants. Un mauvais contrôle entraîne des hypoglycémies ou des acido-cétoses, parfois mortelles, et, à long terme, une kyrielle de complications : cardiaques, rénales, oculaires, abcès du pied… L’excès de sucre dans le sang – comme le manque – est en effet dangereux. C’est la raison pour laquelle l’organisme possède deux hormones pour réguler au mieux sa concentration : l’insuline et le glucagon. Mais voilà, les diabétiques de type 1 ne produisent pas d’insuline. Pour cause : leur système immunitaire détruit par erreur les cellules du pancréas qui la produisent. Actuellement, le meilleur moyen de corriger l’anomalie est d’injecter l’insuline manquante. Plus de 200 000 Français sont ainsi contraints de se traiter à l’insuline pour le restant de leurs jours, souvent dès l’enfance. Et ce nombre ne cesse d’augmenter. Or, l’insuline ne suffit pas toujours. Même quand ils suivent le traitement à la lettre, certains patients ne réussissent pas à contrôler leur diabète. D’où la nécessité de traiter le mal à la racine.
 
FÉDÉRER LES COMPÉTENCES
Groupés en réseau, les chercheurs se mobilisent. En octobre 2001, un grand programme de financement de projets de recherche sur le diabète de type 1 a été lancé par la Juvenile Diabetes Research Foundation International (JDRF), l’Inserm et la Fondation Recherche Médicale. Les trois projets retenus dans le cadre de ce programme montrent déjà des résultats prometteurs. Le premier étudie un moyen de limiter la destruction des cellules sécrétrices d’insuline, le deuxième tente d’améliorer l’efficacité des greffes de ce type de cellules (voir ci-dessous). Le troisième, dirigé par Cécile Julier à l’Institut Pasteur, s’intéresse aux facteurs génétiques qui aideront sans doute un jour à développer de nouveaux outils thérapeutiques. En attendant, on améliore l’utilisation de l’insuline. Des formes à action lente ou rapide permettent une utilisation plus souple, des modes d’administration variés (stylosinjecteurs, pompe, inhalation) offrent plus de confort. Des petits riens qui révolutionnent la vie des diabétiques. 

 
-------------------
3 600 000 euros
-------------------
C’est la somme totale allouée
à ce programme de recherche sur le
diabète de type 1, financé un quart
par la Fondation, un quart par l’Inserm
et la moitié par la Juvenile Diabetes
Research Foundation International
.

 
 
---------------------------------
> L’espoir des greffes d’îlots
---------------------------------
En juin 2004, le premier patient français fêtait une année de vie sans insuline. Son secret ? Une greffe d’îlots, ces cellules du pancréas qui produisent l’insuline. À l’essai depuis une dizaine d’années, la technique est prometteuse mais pas tout à fait au point. La greffe ne tient pas encore très bien et le retour à l’insuline est fréquent. En plus, il faut beaucoup de pancréas pour obtenir suffisamment d’îlots à greffer, or on manque de donneurs. L’équipe du Dr Raphaël Scharfmann * cherche donc un moyen d’augmenter la masse d’îlots disponibles, soit en activant la multiplication des îlots, soit en les « créant » à partir de cellules dites « immatures » ou cellules souches. Sa stratégie : utiliser des facteurs de croissance. * Équipe Inserm E363, Faculté Necker, Paris.   
 
-----------------------
INTERVIEW
Lucienne Chatenoud,
Professeur d’immunologie à l’hôpital Necker-Enfants malades à Paris (unité Inserm 580).  
-----------------------
Le système immunitaire détruit les cellules productrices d’insuline (îlots), comment éviter cette aberration ? En incitant le système immunitaire à redevenir tolérant. Des molécules appelées anticorps anti-CD3, utilisées de longue date pour éviter le rejet après une transplantation d’organe, ont aussi un grand intérêt dans le cas du diabète : elles évitent la destruction anormale des cellules sécrétrices d’insuline. Ne s’agit-il pas là encore d’un traitement à vie ? Non, c’est l’avantage. Des études menées chez la souris montrent que seules cinq à six injections consécutives d’anti-CD3 suffisent à induire une tolérance immunitaire durable. Quand l’utilisera-t-on chez l’homme ? On y vient. Il a fallu attendre de trouver une façon d’éviter la réaction de type grippale observée avec les anticorps anti-CD3 utilisés initialement en transplantation. C’est possible désormais avec une nouvelle génération d’anti-CD3 « humanisés ». On teste actuellement leur efficacité chez des patients présentant un diabète d’installation récente. Tous les diabétiques pourront-ils en bénéficier ? Non, ce traitement s’adresse seulement aux patients en début de maladie ou dont le diabète évolue lentement. Il faut agir tôt car le traitement empêche la destruction des cellules, mais il ne les recrée pas. 
 

 
Recevez la e-lettre d'infos

 


Recherche

Accès direct