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03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°92 - octobre 2002 Le carcinome à cellules rénales (ou CCR) représente 90% des cancers rénaux. Il affecte 2 à 3 fois plus souvent l’homme que la femme. Ainsi, il est responsable d’environ 2000 décès par an en France. Alors qu’un diagnostic précoce augmente les probabilités de survie, celui-ci est souvent trop tardif : l’âge médian de découverte est de 65 ans, et 25% à 30% des sujets présentent déjà des métastases. Le CCR est sporadique dans 95% des cas, mais il existe un petit nombre de cancers familiaux. Ces derniers ont souvent pour cause une maladie génétique rare, la maladie de von Hippel-Lindau (VHL), qui se manifeste aussi par des anomalies touchant les glandes surrénales, le cerveau, l’oreille interne, le pancréas, la rétine, etc. Chez ces malades, le cancer du rein apparaît plus précocement, vers 40 ans, et constitue l’une des premières causes de décès. Situé sur le chromosome 3, le gène VHL responsable de cette maladie a été isolé en 1993. Des anomalies de ce gène sont également présentes dans les cellules tumorales de certains cas sporadiques de CCR. Catherine Gallou a consacré sa thèse à la génétique du CCR. Son travail, effectué sous la direction du Pr Claudine Junien et du Dr Christophe Béroud, à l’hôpital Necker, a pu être mené à bien grâce à une aide de la Fondation pour la Recherche Médicale. Il visait trois objectifs : d’abord, caractériser les mutations du gène VHL qui code une protéine participant à la dégradation d’autres protéines. L’étude de 173 cas sporadiques et de 126 familles VHL a permis de montrer que, dans les cas sporadiques, les mutations du gène VHL aboutissent à une protéine tronquée*. Dans la maladie de von Hippel-Lindau, ces mutations sont moins fréquentes que d’autres,mais confèrent un risque plus élevé de CCR. «Ce travail a aussi permis de constituer une base de données internationale des mutations du gène VHL et de leur expression clinique, qui permettra dans l’avenir une meilleure prise en charge des patients», précise Catherine Gallou. Deuxième objectif : la fréquence supérieure des CCR dans les pays industrialisés laissant supposer l’intervention de facteurs environnementaux toxiques de type «polluant», il était intéressant de voir si l’expression des gènes impliqués dans la détoxification influait sur la maladie. «Nous avons identifié, chez les malades, un profil particulier de plusieurs de ces gènes qui favorise la survenue du CCR. Deux de ces gènes sont associés à une plus grande fréquence de mutations spécifiques du gène VHL. Ce travail pourrait contribuer à repérer des facteurs environnementaux favorisant ce type de cancer et, donc, à mieux le prévenir.» Dernier objectif : comprendre la progression de la tumeur. Des études antérieures ont montré que la perte du chromosome 14, fréquente dans ces tumeurs, constitue un facteur de gravité. Catherine Gallou a réussi à délimiter plus précisément la zone où ce chromosome est muté, ce qui facilitera l’identification du gène impliqué. * Human Mutation, 1999. |