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03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°94 - avril 2003 Chaque année, 34 000 nouveaux cancers du sein sont diagnostiqués en France, où environ 300 000 femmes vivent avec la maladie. La recherche de traitements, très active, s’intéresse entre autres à un groupe de substances naturelles, les flavonoïdes, présents dans de nombreux fruits et légumes. Certains d’entre eux, les phytoestrogènes (oestrogènes végétaux), pourraient aussi avoir un effet bénéfique dans la prévention des cancers du sein dits hormono-dépendants, ceux dont le développement est sensible aux hormones sexuelles féminines, les oestrogènes. En effet, leur structure étant proche de celle des oestrogènes naturels, ils se fixent sur les mêmes récepteurs dans les cellules et semblent capables de modifier le métabolisme de ces hormones. Certains, comme les isoflavones, sont déjà utilisés dans le traitement de la ménopause. Par ailleurs, des études épidémiologiques ont montré qu’en Asie du Sud-Est les cancers du sein étaient plus rares. Or, l’alimentation y est riche en soja, qui contient de grandes quantités d’isoflavones… > Premier phytoestrogène testé : l’apigénine Un effet protecteur des phytoestrogènes contre le cancer du sein n’est donc pas impossible… Le Dr Jean-Philippe Basly, de l’UFR de Pharmacie de Limoges, s’est intéressé aux phytoestrogènes que contiennent les fruits et légumes de notre alimentation, en cherchant à identifier ceux qui seraient susceptibles de bloquer ou de ralentir fortement la synthèse des oestrogènes et qui pourraient ainsi avoir une action préventive contre le cancer du sein. Ce projet, aidé par un financement de la Fonda-tion pour la Recherche Médicale, a permis l’étude des propriétés d’un phytooestrogène prometteur, l’apigénine, abondant dans le céleri et le persil. «Nous avons montré que ce flavonoïde bloque une étape de la chaîne de fabrication des oestrogènes, aussi bien dans des cellules cancéreuses en culture que dans d’autres types de cellules où la synthèse des oestrogènes est habituellement très active. Il est donc possible que l’apigénine fasse de même dans l’organisme, prévenant ainsi l’effet favorisant des oestrogènes sur la prolifération des cellules cancéreuses. Mais ceci reste encore à démontrer…», explique le chercheur. > Évaluer son assimilation par l’organisme Ce travail a aussi permis d’étudier ce que devenait l’apigénine ingérée. «Elle est en grande partie transformée en formes inactives par la digestion, mais ce qu’il en reste est éliminé très lentement, et pourrait suffire à expliquer un effet protecteur.» Si cet effet bénéfique de l’apigénine – ou des autres phytoestrogènes qui vont être testés – se confirme, ce travail permettra la fabrication de molécules voisines, plus actives et aisément assimilables, qui viendront renforcer l’arsenal thérapeutique contre l’un des cancers les plus fréquents. |