Des cellules de centenaires ont retrouvé leur jeunesse
03/11/2011
Pour la première fois, des chercheurs français ont réussi à rajeunir des cellules sénescentes, certaines ayant plus de 100 ans. Cet exploit, réalisé par l’équipe Avenir Inserm « Plasticité génomique et vieillissement » dirigée par Jean-Marc Lemaître à Montpellier, ouvre la voie à la médecine régénérative chez les personnes âgées.
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Thérapie d’avenir très prometteuse, la médecine régénérative consiste à réparer des organes malades avec des cellules saines, obtenues à partir de cellules souches, des cellules aux qualités remarquables. Ces cellules sont non seulement capables de s’autorenouveler indéfiniment mais peuvent aussi se transformer en tout type cellulaire (cellules de peau, cœur, cerveau, muscle…). Ainsi, les cellules souches de l’embryon ont la capacité de former tous les organes d’un individu.
L’utilisation des cellules souches embryonnaires posant de lourds problèmes éthiques, les chercheurs ont mis au point des techniques de « déprogrammation », de « retour en arrière », permettant d’obtenir des cellules souches à partir de cellules adultes.
Mais jusqu’ici aucune équipe ne parvenait à déprogrammer des cellules adultes sénescentes. C’est aujourd’hui chose faite. Jean-Marc Lemaître et son équipe, en utilisant un cocktail de gènes « rajeunissant », ont réussi à déprogrammer des cellules sénescentes, certaines de ces cellules vieillissantes ayant jusqu’à 101 ans, et à les faire revenir au stade de cellules souches. Les cellules obtenues sont capables de se transformer en tous les types cellulaires de l’organisme et, comparées aux cellules âgées initiales, ont même retrouvé une certaine jeunesse : ces cellules adultes nouvellement formées ont les mêmes capacités de prolifération et le même métabolisme que des cellules jeunes. Elles ont une longévité accrue !
Le projet de Jean-Marc Lemaître est soutenu par la Fondation pour la Recherche Médicale, et a été sélectionné en 2009 par son Conseil scientifique, dans le cadre de l’appel d’offre « Mécanismes de reprogrammation cellulaire ». Un financement de 300 000 euros lui a été attribué pour mener à bien ses travaux.