
La sérotonine est un messager chimique entre neurones qui contrôle les états mentaux dits de l’humeur. Un manque de sérotonine est impliqué dans certains troubles psychiatriques, dont la dépression. Pour traiter cette maladie, la compréhension des voies de synthèse, de transport et d’élimination de cette molécule est essentielle. Les antidépresseurs actuels augmentent les taux de sérotonine au niveau des jonctions entre les neurones. Mais un patient sur trois ne réagit pas à ces traitements. Le laboratoire montpelliérain labellisé « équipe FRM » vient de mettre en évidence une autre voie biologique capable d’agir sur les taux de sérotonine : la voie de la NO-synthase.

Grâce à la protéomique, les chercheurs ont étudié les agents pouvant réguler l’action des transporteurs de la sérotonine : parmi eux, la voie du NO est apparue intéressante. Le NO, ou monoxyde d’azote, est une petite molécule qui agit également sur l’humeur. Elle est synthétisée par une enzyme appelée NO-synthase. Les chercheurs ont montré que la NO-synthase entrave l’élimination naturelle de la sérotonine au niveau des synapses et augmente donc sa concentration. Des anomalies de cette voie de régulation pourraient bien être impliquées dans la dépression. Si cela se confirmait, elle constituerait une nouvelle cible pour de futurs médicaments. ■
Source :
PNAS, mai 2007.